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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 05:21

Même parti très loin
Je ne sais quel est le plus réel,
De ma mémoire ou de mes routes,

Quel est le vent qui pousse ces bateaux
Quelle est la mer
Qui pousse ces oiseaux.

Suis arrivé près des lagunes ocres
Où la patience des sauriens ruminait
Le long enfantement de l’homme.

Ainsi de toi, lointaine jusqu’à moi :
Ta main est ce serpent lacustre
Dont la peau frissonne au soleil
Au cœur des frontières du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La terre finira-t-elle
Par aller au ciel ?
Et quand s’éteint
Le nuage qui souffre,
Se tait alors la vie
Chantée dans l’univers.

Les étoiles dans tes yeux
Succombent
Peu à peu
Peu à peur.

La nature, en larmes,
branche morte,
Sans arbre nouveau à offrir.
Et moi, je pleure
Sans arme
Triste à souffrir.

La terre tourne bleue,
Blessée,
Dans un soupir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seuls tes yeux me chavirent
Vers un ailleurs
Où le ciel et la mer
Sont joints à l’infini.

Ton regard me saisit
A l’éclat d’un mirage
Comme s’effacent en rêves
Une féérie d’univers.

Tu te replies alors
Au-dedans de l’extase
Et me laisses sevré
D’espaces infinis

Ô lointain pays de tes yeux
Où ma patience se déroule
Où mon espoir se réverbère
Pour sentir en nous s’apaiser
Le ressac de toutes les mers

Goûter enfin avec toi
la trêve des gouffres
Le repos des volcans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’aube claire de ta bouche
J’ai bu les parfums enneigés.
Tes lèvres ont cherché la réponse
à la question jamais posée,
Balbutié des perles de givre.

Un fruit de glace
Brille dans le matin,
goutte après goutte
abreuve nos caresses.
Nos deux haleines ondulent
en guirlandes.
Le brouillard de la chambre
est semé de nos rires
Et sur nos corps
Tremblants et nus
Des flocons d’oiseaux
Se sont abattus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

·         Le plus beau des oiseaux...?

- L'ornithographe,


puisqu'il a des plumes et que le ciel est sa page.


De plus, c'est le seul oiseau qui écrive,


sans laisser de trace !


- Si nous pouvions faire la même chose quelquefois,


et simplement chanter,


comme l'oiseau.


- Effaçons-nous devant l'ornithographe,


et de nos yeux si-lents-cieux,


admirons ses troublants,


invisibles paraphes.

 

 

 

 

APPASSIONATA

 

 

 

J'ai tout un clavier dans la tête



une harmonie d'étoiles filantes



dedans mon âme une tempête



au bout des lèvres une amante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est pour t'avoir vue
penchée à l'ultime fenêtre
que j'ai compris et que j'ai bu
tout un abîme.

Tu me montras tes bras
tendus vers la nuit
et tu as fait que depuis
ce qui en moi te quitta,
me fuit,
n'est plus.

Ton geste fut-il la preuve
d'un adieu si grand ?
Si vrai, qu'il me changea en vent
de sable versé dans le fleuve
de l'oubli ?

C'est le trop tard, le trop tôt,
qui de tes formes décident.
Tu les habilles, rideau,
robe du vide.

Je reste l'étourneau,
inconsolable enclos
de rides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sens-tu le parfum de la lune ?
Il est pour toi
descendu ce soir

Telle une écharpe bleue
roulée
puis déroulée
en volute apaisée
le parfum de la lune
enlace
ta nuque fine

Lui seul
te réchauffe

Tu veux le caresser
Ce souvenir de sable
qui vient de s'envoler

Mais fidèle
il revient chaque soir
sur ta peau se poser
comme un papillon bleu
pour saluer ta beauté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fleur à ma porte
à ma portée
elle m'effleure
telle une portée de notes
aux vers sibyllins.

Rose de désir rose
rose désirée
rose où accrocher
ma peine montée
en épingle.

Poème pour une épine
poème pour une énigme
voilà notre but incertain

Produire du sens
hors des chemins de la science
hors de toute vérité fabriquée

Une rose frappe à la porte
et tout l'univers
est aux aguets !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haute fleur de lumière
La chaleur des nénuphars
S’élève jusqu’à ton cou.

Tu arrives vers moi
toute ensoleillée d’existence
Bouche emplie de fraîcheur d’herbe.

Tu es l’aube dans mes bras.

Nous n'irons plus mourir de langueur
à des milles de distance
dans nos rêves bourrasques
des filets de sang
dans la soif craquelée de nos lèvres
les épaules baignées de vols de mouettes
non !
J'irai te chercher nous vivrons sur la terre.

Coule-moi dans tes mains de soie
tête la première pour ne plus revenir
si ce n'est pour remonter
debout à ton flanc
nouveau venu de l'amour du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En fidèle marin
sur les chaloupes de la nuit
je pêche
les songes qui dérivent.

Quand le jour s'éteint
l'océan enveloppe mes rêves.
Je chavire alors dans ses vagues
et nage vers le levant.
J'aime écrire entre ses lignes
changer d'horizon.

Dans les brumes du matin
je t'ai vue baigner nue
et au soleil naissant
apparaître
poitrine dressée
nouvelle femme
dans l'immensité.

D'un petit signe
tu m'invites
vers un rivage inconnu.
Je pose alors
ma plume et léger
vole vers ta caresse
pour découvrir
tes lignes
à l'horizon.

 

 

 

 

 

 

 

 

LA BELLE ABSENTE

Je t’imagine là comme un souffle tranquille
Robe et abeille bleue je t’imagine là

Dans la respiration paisible de la ville
Dont les arbres tremblants s’endorment dans le froid.

Je t’imagine seule à l’angle du carreau
Sous les nuages bas tu traces dans la buée
Des lignes délicates pour me dire ta pensée.


Je t’imagine seule au seuil de ton ivresse
Lointaine et disparue dans la nuit sans jeunesse.

Je t’imagine lasse, et poussée par le vent
Courbée sous le fardeau de fumées trop épaisses
Il fait si froid dans la ville ce soir.

Je t’imagine là présence inavouable
Front fleuri de la vie qui s’offre et qui se prend
Je t’imagine là comme inimaginable
Je t’imagine là quand ton souffle est absent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temps d’écrire un doux message
à l’infini,
l’oiseau que j’avais mis en cage
est reparti.

Soliloques du désespoir
il s’est enfui ;
course folle à broyer du noir
le soleil luit.

La parole a quitté le livre
au crépuscule ;
la page est blanche de sons ivres
qui basculent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous les paupières de l'horizon
Flottent nos rêves.
Errant parmi les vagues
Se posent tes doux pas
Qui viennent danser
A mes lèvres.
Les algues chantent
Il fait soleil
Parmi le sel et les embruns.
Caressée par la soie du vent
Frémit la chair des coquillages.
Et sur le sable de la plage,
Sortis de l’eau,
S’ébrouent nos corps
Coquelicots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu plonges


parmi les éponges


et tu t'effaces,


Sirène tu n'es plus


qu'un songe


à la surface.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu m'a conquis,


mon pays n'est plus mon pays,


le paysage s'est enfui.


Tous les chemins ramènent au même lieu :
toi


Le voyage est cheval d'illusion


Les braises du monde noircissent son pas démesuré.


Elles brûlent nos langues inquiètes


En lui-même, le poème se cherche,


il est cette eau noire qui nous éblouit


lorsque nous lui restituons


une lointaine lueur d'étoile :


ta lueur, ton soleil, ta chaleur


toi.

 

 

 

Entre le mutisme et la perte
Le vent m’apporte feuille blanche.

Exister mieux plus loin plus haut
Je n’ai pu le faire sous mon toit.

Aujourd’hui la maison
oubliée sur l’estuaire
Réinvente sa solitude.
Mélancolie des sables
aux portes de l’automne
Jour après jour la pluie griffue
Efface les couleurs

Cendre noyée du ciel
Dans le gris fumeux des étangs,
Ton absence me pèse tant.

Devrai-je attendre encore longtemps
le retour de ta chevelure
qui s'enroulait aux quatre vents
sur la grève des sentiments ?
J'ai souvenance de ta voix
qui me chantait l'amour fragile.
J'ai trahi ta confiance
et noyé ma conscience.

Désir me noyer
dans ton ventre océan
devenir le nageur bercé

le tendre amant

Toi et moi toujours deux
déchirant nos linceuls,
pour ne plus jamais
rester seuls.

 

 

 

 

Les grains bavardent clairs
au cœur de la nuit brune :
"Je mûrirai dit l'un
et désaltérerai le gosier d'un puissant
la gorge d'un enfant
le palais d'une reine.
- J'abreuverai dit l'autre,
et je caresserai les papilles des hommes
quand je serai plus grand.
- Moi, dit encore un autre,
je ne mûrirai pas
je suis déjà mourant
car je vis
Dans la peur
de me voir englouti.
- Tu ne vivras jamais le plaisir du partage
l'offrande
De ton jus la connaissance offerte
la grume délivrée.
Dessèche-toi bien vite
Pour laisser de l'espace
aux autres grains pressés
De finir en bouteilles.

"A cheval sur le vin !
Riez, frères humains !
La divine chanson sera notre boisson
et nous galoperons en joyeux échansons
pour verser dans nos verres
les crus
De l'univers."

 

 

 

 





 

 

Le soleil s'est levé
sur ton nom Boucle d'Or
tu es la lumière de mes pas.
Unique lampe en mon jardin
source de feu clair destin
tu veilles sur nos lendemains.


Boucle d'Or fleur bénie
oiseau chanteur en son doux nid
Tu es la corde le rayon
l'aile douce d'un papillon.


Bras tendus dans l'attente
moi l'aimant, toi l'aimante
je viens vers toi tu me tentes
J'avance alors funambule
aveugle pauvre somnambule
Pris de vertige
je trébuche
fleur coupée fleur sans tige
bouquet fané à peine né
lourd vestige


La nuit entre mes doigts
s'est déroulée, livide
Ne plus te voir
mon cœur se vide
J'ai perdu Boucle d'Or
L'unique lumière de mes pas
Et pourtant je reviens vers elle
le mot « trop tard » gît sous mon aile.

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux marges du temps
Se tissent nos aubes blanches
Le corps glisse
Creuse l'écorce du jour
La terre recueille ton dernier soupir
Je porte alors ton souffle
Nourri d'absences.
Les mots s'égarent
Dans l'éclat de la pierre
Dans le bleu des paysages de l'enfance.
Laisse-moi les lire au revers de l'oubli,
Laisse-les doucement se suspendre
Au creux de ma mémoire ;
L'ombre du chemin les apprivoise.
Au détour de l'arbre
Chaque pierre abrite leurs reflets
Un creux de bleu ride l'horizon
La lumière dérive
Ecume à la frange des ans.
Au couchant
La langue de pierre
Epousera nos solitudes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aucune fleur à offrir
pas même un encouragement

Je lui promis de courir
sur la route
de l'innocence

Elle était là
prisonnière de mes rêves
ligotée de solitude
crispée de douleur

Quand j'ai voulu la libérer
elle se dessécha
et disparut
dans la nuit

Mon cœur saigne
dans tes plis
coquelicot
que je
n'oublie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A ta césure mes doigts te cherchent
un papillon survit sous les algues
et baptise mes veines

Le monde s'illumine
lorsque l'archet se jette
à la cime d'un creux
Ma mémoire abrégée
cherche une issue de secours
Si je dis " voilà tout"
c'est que j'entends son haleine
obscurcir ma vue

des reflets surnagent, des flammes sonnent
des mots sont pris dans le nœud du passé
prennent maintenant ton visage pour cible

ma mémoire abrégée disparaît dans l'errance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec mes restes de verdures
j'inventerai des jardins
sur tes déserts arides.
Je me mettrai debout
guettant la silhouette
qui t'habille de sentiments
empilés sur un horizon
d'amour
Je te prendrai par la main
caresserai tes cheveux
avec un vent de sable
que les médiocres redoutent
Je poserai mon poème
au creux de ton regard
comme un baiser fleuri
de mille soleils couchants
Je t'aimerai
avec l'ardeur d'un poète
et dormirai enfin
heureux comme un soupir

 

 

 

 

 

 

 

 

Les gisements de l'imaginaire
doivent être sombres
à peine sinistres
de sorte que le poète
apprécie son ouvrage
d'un regard pareil
à celui des mineurs
auréolant la pierre
de leurs yeux ténébreux

Ces mineurs battent le cœur
pendant qu'il est chaud
palpant le métal
en de folles fournaises
plongeant leurs mains
dans le galbe incandescent
d'incroyables volcans
Sensualité de l'orfèvre
sueur noueuse du sidérurgiste
A travers l'enclume
quelques danses lustrales
Extraites

par un broyage
purement symbolique
le poète porte en son âme
la matière précieuse
dont sont faites les étoiles
que je t'offre.

 

 

 

 

 

 

 

Fleurs de murs lézardées par le vent
humiliées par le hasard
fleurs de murs pans écroulés
sur l'odeur d'une femme
avec pour péril l'instinct
fleurs de murs déserts trahis
par des traces de sang
blessures caravanières
aux bivouacs imaginaires
fleurs des murs
parfums de solitude
sous l'aisselle du poète
***
Femme criant sur les toits
étendant son silence
sur les terrasses délabrées
du cœur
Elle cherche l'amour
entre les fissures du mur
et quand enfin elle l'aperçoit
le mur s'écroule
****
Comment t'imaginer
combattre l'ardeur de la foule
avec ta frêle silhouette
seule parmi tes sens
regardant furtivement l'absurde
qui t'entoure de ses tentacules
nos idées ont vécu
sur le même territoire
aussi vaste que l'amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est tout ce qui m’est arrivé de meilleur.

Depuis la nuit des temps en quête d’un ailleurs,
Je cherchais cette femme, ma déesse majeure,
Comme un marin perdu, tel un sombre nageur.

Partout en quelque lieu, dans les quatre éléments,
Je parcourais la terre, guidé par un aimant,
Vers l’endroit inconnu, ce pays de cocagne
Où vivrait ma princesse, vallée, ville ou montagne,
Sommet inaccessible, que j’ai enfin gravi,
Parnasse de mes rêves, caché, secret, ravi.

Dans la mienne, une main s’est glissée,
Main blanche aux doigts de fée, je n’ai pu résister.
Je l’avais reconnue
aussitôt que aperçue,
La femme tant rêvée,
Si longtemps désirée.
Elle me sourit, me plut.
Belle et noble peinture,
Alerte, et vive allure ;
Je ne la quittais plus.
Elle était femme exacte,
Unique, en tous ses actes.
Et depuis j’en suis éternel amoureux,
elle est mon chemin de lumières, pour vivre heureux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai eu froid dans mes rêves
et me suis réveillé.
J'ai marché dans les tiens
cherché
et ai touché du doigt
tes espérances
tes espoirs.
J'ai eu froid dans ma vie
j'ai revêtu la tienne.
A pas de loup
j'ai tourné
autour de ton mystère,
des larmes desséchées
gisaient...
Sur les chemins de nos vies
nous avons rencontré
le soleil
et revêtu
nos poésies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se promène

 

dans ton regard


cette solitude


qui jette ses pétales


dans le fleuve du jour.


Ce jour vient


monture blanche


galopant dans le désert


de la certitude.


Il existe


toujours en toi


un printemps


qui défie les horizons.


Tu es aussi belle


que l'amour.

 

 

 

 

Un poète vous aime
et vous donne le droit
d'être le chêne féminin
le fleuve à cent pagodes
la comète en voyage

Un poète vous aime
pour vous habituer
à faire quelques pas
dans la banlieue
de l'univers que vous seriez
s'il n'était point venu

Un poète vous aime
et vous rend responsable
d'une très longue éternité
souples aurores
lacs à poissons volants

Un poète vous aime
et tout vous est permis
pour aimer plus encore
les mots
qu'il nourrira de vous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ciel est un tombeau



immense et magnifique



où courent des nuages



bêlant comme un troupeau



de bêtes alanguies



menées à coups de trique



par un vent dictateur



à la main de bourreau.

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Published by marquier - dans poèmes - romans
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