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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 12:50

LE PARFUM

DE

LA LUNE

 

 

 

 

 

 

 

POEMES

                                                 Yann VENNER

 

 

 

 

La poésie n'est pas du vent, c'est le vent qui est poésie. YV.

 

 

 

« La poésie on le sait tous c’est l’ambre qui parfume
nos amertumes
En les couchant noir sur blanc
et en faire des baumes
en vers et en rimes
c’est le souffle qui guide les voiliers

des mots malgré les maux
vers le littoral de l’apaisement
La poésie est : Un cri de feu ou de flamme
Un souffle de brise ou de vent
Un message de peur ou de paix
Un sentiment d’amour ou de rejet
La poésie pour dire un volcan au cœur
Ou un ravin dans l’âme
Pour chanter la joie
Ou la mélancolie.


Un poème est une image de vie. »

 

 

Aziza Rahmouni

 

 

 

 

 

 

L'essence de la poésie est de mettre au défi notre condition.
La poésie nous apprend à rechercher au plus simple tout ce qui est transcendant et inépuisable.
Donc dans le rapport simple à soi-même.
La poésie n'est pas déploiement de mots dans un texte, ou agencement sans but, c’est une activité de l'esprit et de ce fait même toute une histoire, une civilisation et une philosophie.
Ecrire la poésie, c'est vouloir se défaire de l'autorité des systèmes de représentation.
C’est donc se délivrer des interprétations que ces systèmes font projeter sur nous, c'est rendre à autrui le droit d'exister en nous…
L'attestation poétique n'est qu'un instant, qui secoue le langage pour lui permettre de se réorganiser sous le signe de plus d'immédiateté dans le rapport avec soi-même.
La poésie est écoute des intuitions, des pensées pour "changer la vie".

 

                                                               YV

 

 

 

 

 

Ces poèmes,

 

pour BRIGITTE

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est un jour de fête foraine
Tes rires y rayonnent
Tournent en fulgurant manège.


Dans un tourbillon de lumière
Ta chevelure blonde
flotte dans l'air.


J’aperçois ton regard
Qui embrasse l’horizon
De mes rêves.


Nous chevauchons cascade bleue,
Tournent tournent les amoureux.


Dégustons la plénitude
Et la joie, à jamais
Toi, ma vie, ma bien aimée,

Toi vent doux


Si agréable


Toi ma lune

de pluie et de blé

Toi, beauté

plaisir enchanté.

 

 

 

 

 

 

 

Ce n’est pas une affaire d’épaules
que le fardeau du monde.

Ceux qui viennent à le porter
sont souvent les plus frêles.
Eux aussi
sont sujets à la peur
au doute
au découragement
et en arrivent parfois à maudire
l’idée ou le rêve splendides
qui les ont exposés
au feu de la géhenne.

Mais s’ils plient
ils ne rompent pas,
et quand, par malheur on les coupe
et mutile,
ces roseaux humains -
savent que leurs corps lardés
par la traîtrise -
deviendront autant de flûtes,
que des bergers de l’éveil
emboucheront pour capter
et convoyer jusqu’aux étoiles
la symphonie de la résistance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ton âme est un vivant tombeau,
habitée par tes beaux ancêtres.
Tu les regardes à la fenêtre
de l'histoire, tombée en lambeaux.

Mais il suffit que sur un balcon
une femme hésite..., pour être
celle que nous perdons -
l'ayant vue apparaître.

Elle lève les bras
pour nouer de ses doigts d'or
ses cheveux, toujours et encore.

Combien notre histoire ainsi
gagne soudain d'emphase
et notre bonheur d'éclat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces éreintantes certitudes
creusant creusant ma solitude
alors que le doute fécond
me relie à la multitude

croire ou douter
craindre espérer
entre l'espérance et la crainte
tout un train
de pensées m'éreintent
combien de wagons en transit
entre des rames qui hésitent
quais d'ennuis transpercés de brume
aiguillages sanguinolents
destinations toujours devant
fuite du temps
vers l'inconnu
toujours toujours
cet être nu
et habillé de solitude
dans le bonheur triste des gares
où tant de voyageurs s'égarent
locomotives sans motifs
chevaux fous hargneux et craintifs
qui traînent
attaché à leur queue
Mazeppa, condamné des dieux
sombre dépouille corps déchiré
solitaire parmi les cieux.


 

 

 

 

 

Territoires


libérés


désancrés


illettrés


balancez


vous comme des îles


sur


un océan bleu d’argile



seul un


poisson a gravé


son inutile


nostalgie.

 

Larmes de Kabylie.

À
LOUNES MATOUB


Lounès
de la douleur Matoub est mort,
Lounès
de la colère Matoub n’est plus.
Qui
porte sa douleur aujourd’hui ou demain ?
Qui
porte sa colère emportée par les balles ?
Le
bras du G.I.A frappe comme on crotale.
Toi
chanteur musicien poète en Berbérie
et
en toute maison ; ton corps écartelé
sur
l’Algérie entière recouvre l’océan
qui
mugit jusqu’à nous - les petits conquérants
de
jadis aux pieds secs, les mous de la cocarde
enivrés
par l’exode ; les tendres cannibales
imposant
leur loi - fiel : celle du pieux colon
qui
ravale l’Histoire à coups de République.
Le
Kabyle est sans voix, privé même de langue.
Qui
meurt au bout du compte, le poète, l’assassin ?
Lounès
Matoub est mort et la main passe en vain...
Il
Il n’y a plus d’Histoire au - delà de demain.

 

 

 

 

 

 

 

Les voix qui chantent faux
cortèges des semaines
les amours mécanos
le jargon de nos peines

les espoirs verrouillés
la jarre est dans l'eau morte
et les corps lézardés
les secrets sans escortes

les balcons qui colportent
sept jours comme des flûtes
sur le seuil muet des portes
le front blême qui bute

s'en vont les mains fanées
sur une grande artère
le soupir des années
et l'orgue de misère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proies des désirs
L’été fondait sur nous
Nous emportait dans ses remous.
L’herbe chaude à midi
Nous gardait dans ses plis.
Marée subite du plaisir
L’été nous sautait à la gorge,
Nous prenait dans ses bras.


Sel des baisers
Jeux de tendresse
Soubresauts de caresses
Arqués jusqu’au zénith,
On s’endormait rompus
Sur les roches moussues.

Je t’aimais fou de racines profondes
Mon bel amour navigateur
Et l’on s’aimait tous deux dans l’onde
D’un vert océan rédempteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Forteresse
de mes espoirs
tu es, déesse,
mon reposoir

Je longe tes rivières
franchis le pont
et viens te voir

Sur le seuil bouche close
tu m'accueilles
lèvres roses

Je dépose en tes mains
un écrin fleuri de pensées
toute ma joie
d'avoir cherché


Tu me souris
et le ciel noir
s'enfuit s'enfuit

Un couple au clair des nuits
sentinelle alanguie
veille sur le château
doux chant de l'eau

 

 

 

 

 

 

 

 

...Et un cheval
pour marquer la cadence !


Un étalon surgi du labyrinthe
Un cavalier
arrivé de Corinthe
aux éperons forgés
de toute urgence

Deux messagers
dans une écume blanche
pour annoncer de belles espérances
le goût des mots du sel
Du sucre de l'enfance

Enfourcher l'alphabet
être désarçonné
Tomber de sa monture
apprendre l'écriture
Et de l'alpharandole
à l'omegalipette
construire son école
suivre sa propre quête

Et un cheval
pour marquer la cadence
Une monture surgie de mon enfance.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tu es au centre du monde tel qu'il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
tu vas jusqu'au bout des comètes de mon sang
haletant
harcelé de néant
et dynamité
de petites apocalypses
les deux mains dans les furies dans les féeries
ô mains
ô poings
comme des cogneurs de folles tendresses

mais que tu m'aimes et si tu m'aimes
s'exhalera le froid natal de mes poumons

le sang tournera ô grand cirque
je sais que tout mon amour
sera retourné comme un jardin détruit

qu'importe je serai toujours si je suis seul
cet homme de lisière à bramer ton nom
éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles

mon amour ô ma plainte
de rossignol dans la nuit buissonneuse
ô fou feu froid de la neige
beau sexe léger ô ma neige
mon amour d'éclairs lapidés
morts
dans le froid des plus lointaines flammes

 

 

 

 

 

La barque de tes yeux

a chaviré mon cœur

Entre le ciel et ton visage

Je flotte dans ta chevelure,

Comme au bord d’une branche

Un songe dans sa fleur.

Une voile s’approche

Dans les vagues mourantes,

Rose de frissons neufs.

Elle murmure ton doux nom

De chair et de tendresse.

Eaux mêlées de ma voix

Breuvage de nos rires,

Je savoure ton miel

Aux rayons du couchant.

Sur le sel de ma peau

Tu as posé les mains

Et nos corps ont chanté

De douces harmonies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la quête des dons de toutes ses conquêtes



Dom Juan avait - dit-on - le sceptre à la main preste



mais à la pêche aux dons le bougre s'est noyé



son sceptre de béton l'empêcha de nager.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même parti très loin
Je ne sais quel est le plus réel,
De ma mémoire ou de mes routes,

Quel est le vent qui pousse ces bateaux
Quelle est la mer
Qui pousse ces oiseaux.

Suis arrivé près des lagunes ocres
Où la patience des sauriens ruminait
Le long enfantement de l’homme.

Ainsi de toi, lointaine jusqu’à moi :
Ta main est ce serpent lacustre
Dont la peau frissonne au soleil
Au cœur des frontières du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La terre finira-t-elle
Par aller au ciel ?
Et quand s’éteint
Le nuage qui souffre,
Se tait alors la vie
Chantée dans l’univers.

Les étoiles dans tes yeux
Succombent
Peu à peu
Peu à peur.

La nature, en larmes,
branche morte,
Sans arbre nouveau à offrir.
Et moi, je pleure
Sans arme
Triste à souffrir.

La terre tourne bleue,
Blessée,
Dans un soupir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seuls tes yeux me chavirent
Vers un ailleurs
Où le ciel et la mer
Sont joints à l’infini.

Ton regard me saisit
A l’éclat d’un mirage
Comme s’effacent en rêves
Une féérie d’univers.

Tu te replies alors
Au-dedans de l’extase
Et me laisses sevré
D’espaces infinis

Ô lointain pays de tes yeux
Où ma patience se déroule
Où mon espoir se réverbère
Pour sentir en nous s’apaiser
Le ressac de toutes les mers

Goûter enfin avec toi
la trêve des gouffres
Le repos des volcans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’aube claire de ta bo

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Published by marquier - dans poèmes - romans
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