Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 21:41

Jean-Marie Lahaine
Yann Venner

 

 

Quand il était petit, ses maîtres à l’école lui disaient :

   - Jean-Marie, redresse - toi ! Relève un peu la tête ! Décolle les yeux de ton cahier ! Redresse-toi à la fin !

Aujourd’hui, Jean-Marie se tient droit. Pas du tout comme moi qui suis tout de travers, tordu, bossu, ventru, mauvais citoyen. Incorrectement mal...a...droite.

 Jean-Marie Lahaine a eu de bons maîtres. De bons chiens de garde qui lui ont appris l’ordre et le respect de soi. Il se tient droit. Extrêmement droit ! C’en est même impressionnant. Jean-Marie est un modèle pour la France, et pour tous les petits Français qui devraient se plier, sans  restriction aucune, sans coup d’état d’âme, devant cet homme qui  force le respect. Son attitude  est extrêmement droite, d’une  rigueur insoupçonnable. Tous  devraient se replier devant ce héros hors du commun des immortels. Oui, Jean-Marie se tient tout à fait droit, principallemand droit, comme un I de souche française,

   - et surtout pas comme un I grec, ce sale métèque paralytique, cet Y enculé de sa race ! Cet étranger diabolique et sidaïque qui n’a rien à faire dans notre alphalaid, n’est-cepaaaa ! Ce bâtard de sa racetaquouère! Dehors ! Le Y ! Dehors le bougnoul et le Z aussi d’ailleurs, ce drôle de zèbre avec son délit de sale gueule de bagnard ! Oui ! Dehors, cette zorrible consonne qui comme Zavatta, se moque des autres lettres en leur faisant un pied de neZ ! TueZ les tous ! Les Zintellectuels, les Zuns et les Zautres, les Lelouch, les louches, les borgnes ! (Non pas les borgnes !) , les zaveugles, les zaricoverts, les Zenculés, les Mariés de mes deux, les Zinvestisseurs institutionnels, les Zinzins, les zoulous, ces non-violents des banlieues, passionnés de rap ! À la trappe ! Au couvent, au carmel! Plus de mystère! Merde encore un Y ! PludeBountY ! Plus de Yoyos !

Plus d’hYpocrites ! Ni de polYsémie ! A bas la Zambie ! Vive la Maréchalie ! Quant aux zakouskis, à la Zup! Plus de Zep, plus d’éducation prionritaire ! Prions ! Comme les vaches folles qui croient encore en Dieu, elles, au moins. Communions solennellement mais sans Zèle et sans Zidane, cet esclave à la solde du Maghreb dégénéré, comme le zéro. D’ailleurs, supprimons tous les zéros, les zinutiles, les Zigotos zigzagant entre la gauche et la droite, tirant à Hue et à Hérédia de tous leurs zygomatiques, n’est-ce pas...!

Châtrons Zola, ce Rital parjure qui incendia la France de ses bourgeons macabres et qui défendit le complot juif, à coups de Zooms médiatiques, ce sale Zorobabel qui abîma notre belle langue française, cette si noble et pure lingua franca, cette langue des comptoirs qui dit Merde et pas Zut; cette langue débarrassée de ses immondices zoomorphes ! Oui, la France est droite, résolument adroite ; elle se faufile dans les isoloirs, s’insinue dans nos lits de peur et dans nos sillons ensanglantés par le massacre  des Saints Innocents, de St Raphaël à Cinzanno, de la règle du Père Benoît à la passion du Dom Josué, de St Tropez au trop de pèZe, du velours de l’estomac à la Grappe Fleurie de fleurs de lys ! Oui, Jeanne D’Arc a sauvé la France ! Oui la Pucelle est en moi ! Oui, Oui! défoncez-moi! oui, moi, lecteurs de Oui-Oui, prenez moi toute, oui !  faites moi hurler de feu de joie, de feu de croix de feu de Dieu! Bordel à cul et vive la France, mère éternelle et souveraine !

Toi la France des tranchées, tu as tranché, en donnant vingt pour cent, de ton sang, de tes voix impénétrables, à Jean-Marie, ce trépané de la cafetière. France ! Tu es rance ! France, tu es entré en déshérence! France des errances, tu désespères de tes enfants parjures.

Je te honnis, vieille patrie, vieille poufiasse pourrissante, vieille radasse des fonds abyssaux et baptismaux, des bas fonds de culotte petit bateau  bleu, blanc, bleu. Rouge est la honte et la révolte, rouge est mon vote et ma raison, rouge est la vie! Je veux la paix pour tous mes frères et que je t’y reprenne, vieille pétasse à offrir ton cul aux fachos, à te faire ramoner le fion par des ordures qui n’ont, qu’au fond, que la haine à offrir aux autres, que la mort pour orner leur front. Leur front national, hideux et morbide, leurs idées létales et leurs chants de morts.

Un cauchemar est passé ; laissera-t-il des traces ?

 Ceci est une autre Zistoire...

 

Par yarniche - Publié dans : littérature, livres - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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