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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 20:45

Pour le bon motif

 

 

Pour le bon motif

Soyons créatifs

Que de l'émotion

naiss' la création.

 

 

Pour le bon motif

soyons réactifs

 

 

prenons nos crayons

crions nos envies

nos rages nos peines

douleurs et soucis

 

 

Pour le bon motif

soyons émotifs

pour le bon motif

soyons inventifs

 

 

Pour le bon motif

sachons émouvoir.

Par la pointe noire

soyons crayatifs

 

 

 

 

 

Crayons / crions

 

 

Crayons cassés

crayons blessés

crayons pudiques

crayons ludiques

et puis mâchons

lisons nos mots

lisons l'écrit

lisons nos cris

nos mots d'école

colibris

nos mots décollent

tout surpris

nos mots vernis

nos mots brillants

nos phrases lisses

ou torturées

nos phrases folles

mais libérées.

crayons brisés

 

traumatisés.

 

Crayon craintif

crayon plaintif

crayon banal

sentimental

crayon usé

assassiné

crayon rayon

multicolore

crayon plus fort

que toute mort

 

Crayons forêts

crayons debout

crayons sensés

crayons sans C

rayons blessés

lignes brisées

crayons passions

crayons crions

nos émotions

sur le papier

 

 

 

 

 

SLAMKIPEU

 

 

Petite souris, confiserie

légende ainsi que gourmandise

voici venus les mots choisis

qui font naître la poésie :

 

un slam à offrir chaque jour

composé par des troubadours

un slam tricoté cet hiver

par une équipe de trouvères

 

Confiserie, petit' souris

gourmandise ainsi que légende

quatre mots que l'on appréhende

quand les jours sont un peu trop gris.

 

Un slam qui nous saute à la hanche

et envahit nos feuilles blanches

un slam qui éblouit nos yeux

et nous chatouille les paupières

 

 

 

 

 

Petite souris, confiserie

légende ainsi que gourmandise

voici venus les mots choisis

qui font naître la poésie :

 

un slam venu du fond des cieux

plus pétillant qu'un verre de bière

un slam qui croque sous la dent

attendant le prochain printemps

 

Confiserie, petit' souris

gourmandise ainsi que légende

quatre mots que l'on appréhende

quand les jours sont un peu trop gris.

 

un slam qui a kèkchose d'extrême

à la manière d'un poème

un slam qui remue nos silhouettes

un slam qui fait vibrer la luette

pour vous offrir un jour de fête

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 20:39

SLAMAMUSE

 

S

autons sur l’occasion

autons sur le langage

lamusons-nous ensemble

Filles & gars de tous âges

Saluons le soleil la lune & les étoiles

Sollicitons les mots

Et puis mettons les voiles

Scandons nos émotions

Nos idées nos paroles

Nous les semeurs de mots

Les slameurs des écoles

 

L

ançons des mots des phrases

ançons nos souvenirs nos fêtes

ançons-les dans le vent

Des idées plein la tête

Mettons sur le papier

Nos douleurs & nos peines

Nos joies nos sentiments

 

A

ppelons au secours

l’aide ou notre frère

ppelons-en à Dieu au diable

ttrapons les idées

Attirons-les à nous

Bousculons le langage

Mettons-le à genoux

Armons-nous de mots forts

De mots durs de mots mous

 

M

ettons-y notre cœur

nos tripes & nos envies

âchons & mastiquons notre vocabulaire

alaxons l’écriture

Pour lui faire prendre l’air

Mitonnons-nous un texte

Qui met en jeu LA VIE

Cela dit…

 

 

Slam ennuie

Et slam amuse

Slam me va

Et slam suffit

 

 

Slam irrite

Et slam énerve

Slam attire et

Slam éloigne

 

 

Slam agace

Et slam emmerde

Slam va pas

D’dire des gros mots

 

 

Slam m’importune

Et Slam m’est égal

De slalomer

Avec les mots

Car slam m’interpelle

Et slam m’la coupe

De slamuser

Quand slam me plaît !

 

 

 

 

 

 

Textes de Yann Venner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 10:17

J’ai mis un pantalon

A mon cheval d’arçon

Et des bretelles vertes

A ma jument Alberte

 

Ensemble on est parti

Par la porte entrouverte

Rechercher notre ami

Léon notre étalon

 

On a cherché Léon

Pendant des jours des nuits

Léon était tombé

Dit-on au fond d’un puits

 

« Léon mon beau Léon »

hurlait-on tous les trois

« Si tu nous entends, crie !

Et l’on te fera roi !»

 

Il n’a pas répondu

Car Léon était mort

Il n’ a pas répondu

Un mauvais coup du sort

 

Alors on est rentré

Tous trois à l’écurie

Faisant triste figure

Devant cette aventure

 

Sans l’étalon Léon

Notre éternel ami

Nous tournons les talons

A cette comédie

 

 

Sans Léon l’étalon

Notre ami éternel

Y’a plus de pantalon

Et y’a plus de bretelles

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 13:14

-  C'est bien gentil un coup d'filet ! Pour seulement deux vilains poissons ! Nous, on préfè'rait un véritable coup d'tabac ! Prendre dans la nasse ces empoisonneurs de cigarettes qui ont déclenché un véritable tsunami ! Et leur faire avaler la fumée par les deux bouts.

-  Parler debout n'a jamais fait avouer un homme, le coupa Félix Stereden, accoudé au comptoir et tournant le dos à Eugène Cabioch qui avait parlé à la cantonade, confortablement assis à sa table habituelle.

-  Ah ! Mais c'est notre étoile imbibée qui est là ! Je ne l'avais pas remarquée... Tu dis « parler debout » quand moi je disais « par les deux bouts ». C'est toi, qui parles debout ! Avoue-le que tu as parlé debout ! Alors, tu vois...

-  Oh ! Monsieur Je Sais Tout ! J’avoue rien du tout ! J’suis pas un terroriste moi ! J’suis sûr que si ce serait moi qui torturerais les coupab's, izauraient vit' fait de m'cracher leur Koran ! C'est pas moi qui va rester les bras croisés quand faut encore partir en croisade contre ces salopards ! Les Omar, les Mohamed, les Ben Ordi et Ben ordures, tous ces bougnoules, je m'en vas te les débougnouliser vite fait !

-  T'es un vrai radical, mon Félix ! Tant qu'on y est et si on te suit, faut aussi déradicaliser les radis, décaraméliser les bronzés, défiscaliser les pauvres, désenfiler les files d’attente, désinfecter les chevelus, dépersonnaliser les fortes têtes, dépénaliser le cannabis, désinstrumentaliser les joueurs de pipeau, dézinguer les politologues, et les démagogues.

-  Et toi, Eugène, le petit anarchiste à deux sous, on va te débretonniser ! Tu vas voir ce que ça va t’faire. Parfaitement ! Te dé-bre-ton-ni-ser !

-  Stop ! Stop !Y’en a marre, Stereden, de tous ces mots qui se déversent ! De tous ces flots de mots ! Stop ! « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Camus ! Alors, je ferme ma gueule…

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 17:05

J’invite

 

J'invite à manier sans manière

La pâte des mots la matière

Afin de créer tous ensemble

Un arc en ciel qui nous rassemble

 

J'invite aux mots en mouvement

Mots qui se meuvent et nous émeuvent

J'invite aux mots en mouvement

Qu'il neige qu'il vente ou qu'il pleuve

 

J'invite à manier le langage

A sortir les mots de leur cage

Pour se connaître et se construire

Nous rapprocher sans nous détruire

 

Nous chevaliers de l'écriture

Partageons mieux nos émotions

Ecrivons osons l’aventure

A la pointe de nos crayons

 

Agissons créons soyons sûrs

Créagissons pour le futur

Chevauchons avec nos crayons

Et faisons des mots nos champions 

 

Créagissons  créagissons

Afin que nos crayons frissonnent

Et fassent de nous des personnes 

Et fassent de nous des personnes 

 

 

J’voudrais

 

J’voudrais offrir autour de moi

Un slam qui met l’eau à la bouche

Et vous met les oreilles en joie

 

J’voudrais offrir autour de moi

Un slam à faire danser les mouches

Un slam en rythme sous la douche

 

J’voudrais offrir autour de moi

Un slam à vous mettre en émoi

Un slam à scander à tue-tête

 

Pour vous offrir un jour de fête

 

 

 

Arradon, le 3 février 2017, pour les élèves du collège Gilles Gahinet

 

Yann Venner

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 17:03

TERR&AU

 

Solitaire

Je parcours les eaux

L’élémentaire

Est mon ruisseau

 

Soliterre

Je parcours les flots

L’élément Terre

Est mon berceau

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 12:12

ÉCLATS D’ÂMES

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

Des choses à dire

Et à écrire

Des mots qui frappent

Des mots qui claquent

 

Faut juste avoir

De l’énergie

Y mettre tout son appétit

 

Faire du slam

C’est c’que j’réclame

Pas de tamtam

Ni de programme

 

Juste d’écrire ses envies

Son bon plaisir ou ses soucis

Avec des sons qui nous étonnent

Quelques voyelles et des consonnes

 

Prendre la parole en public

Au rythme de son crayon Bic

Et puis faire jaillir les syllabes

Sans un micro

C’est formidable

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

 

 

 

Yann Venner

Janvier 2018 pour les élèves de 4ième du Collège Gilles Gahinet ARRADON

 

…Et pas besoin d’être un stratège

Pour faire du slam au Collège…

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 13:19

ÉCLATS D’ÂMES

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

Des choses à dire

Et à écrire

Des mots qui frappent

Des mots qui claquent

 

Faut juste avoir

De l’énergie

Et puis se mettre

En appétit

 

Faire du slam

C’est c’que j’réclame

Pas de tamtam

Ni de programme

 

Juste d’écrire ses envies

Son bon plaisir ou ses soucis

Avec des sons qui nous étonnent

Quelques voyelles et des consonnes

 

Prendre la parole en public

Au rythme de son crayon Bic

Et puis faire jaillir les syllabes

Dans un micro

C’est formidable

 

 

 

 

 

Yann Venner

Janvier 2018 pour les élèves de 4ième du Collège Gilles Gahinet ARRADON

 

…Et pas besoin d’être un sratège

Pour faire du slam au Collège…

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:21

Terrorisme, terroriser : terme qui vient dans le dictionnaire consulté par Fanch Bugalez après terroir. Utilisation de la violence pour atteindre un but religieux, politique, idéologique.

Drôle de rencontre entre ces deux syntagmes, se dit le lecteur. « Faire suivre et assimiler - par ordre - le terroir et le terrorisme, y'a de quoi attraper des boutons, ainsi qu'une fièvre territoriale. Faudrait-il alors terroriser le terroir, ou bien, le terroir deviendrait-il lui même terrorisant ? L'abus de terroir ferait de nous des terroiristes ? Terme de vignerons intégristes, ou de buveurs puristes qui ne voudraient aucun mélange ?... « Ménage tes méninges, cher Fanch », me dirait La Brebis s'il était là. Je disais donc...Terroiriste... Non, zut, terroriste. Ah, voilà donc le problème : des cambrioleurs viseraient un but politique en me disant « Fuck Bugalez », pourquoi pas. Chacun s'amuse et chacun sa muse. Mais où vont-ils chercher tout ça ? Je ne vois pas des voleurs de cigarettes et d'alcool poursuivre un but politique, et pourtant... Le terrorisme est l'emploi de la terreur à des fins politiques, religieuses ou idéologiques.

En faisant le grand nettoyage avec Gwendoline et Eugène Cabioch, on a bien remarqué des traces de doigts sur les murs, dépôts de crottes de nez et de morve ici et là, odeur de peste brune, crachats. Drôle de façon de marquer son territoire... « Plutôt glauque tout ça, se dit Fanch » en claquant son dictionnaire avant de le reposer sur l'étagère près de l'ordinateur.

Il a beau rechercher des arguments en faveur de la piste « terroriste», il n'en trouve guère ; les moteurs de recherche sur Internet sont pourtant efficaces, mais se lancer à l'aveuglette dans cette jungle le lasse vite : trop de flou, d'occurrences, de corrélats, de... mystère.

Fanch est rentré de Lannion plutôt à cran, après sa visite chez l'assureur. Alors, se connecter à Internet avec les nerfs en pelote, vaut mieux pas... « Cavaler sur un clavier à m'en faire péter les neurones et pour attraper des ampoules aux doigts, un torticolis et tutti quanti, pas question ! »

- Qu'es-tu en train de nous baragouiner, mon beau marin ? l'interrompt Gwendoline.

- Il y a que les assurances de Lannion m'ont dit qu'elles avaient envoyé un des leurs chez nous et que...

- Il en sort justement ! Vous avez dû vous croiser sur la place de la mairie.

- Quoi ? Pas possible !

- Si, si ! Et crois-moi, c'est un drôle de zigoto le bonhomme ! Un vrai faux timide, plutôt retors et chafouin, bref, un indéchiffrable !

Gwendoline résume alors la situation calmement devant un Fanch qui hausse les sourcils, se gratte la joue, s'assoit puis se relève - perdu dans un tourbillon de mots qu'il ne comprend plus. L'homme semble en état de choc, a besoin d'un remontant ; cela tombe bien, il a une belle descente.

Face aux yeux hagards de son compagnon, Gwendoline prend les devants et lui sert un lambig bien tassé. En une seule lampée, voilà notre Fanch Bugalez qui, torse en arrière et yeux clos, vide son godet en un geste de survie.

- Merci, ma douce ! Moi, les émotions, c'est pas mon truc ! Le bar cambriolé, le réveil intempestif, le coïtus interruptus, voilà des traumatismes qui vous mettent un homme à terre. J'étais bien mieux sur la mer dans mon ancien métier, crois-moi !

- Ne remue pas le passé, mon doux Fanch ! Tu me fais peur ; ton cœur ne va pas tenir longtemps si tu prends les choses trop à...cœur, justement. Essaie de relativiser, de prendre du recul.

- J'ai essayé, pris sur moi, siffloté même sur la route du retour, mais là, je coince ! A retardement je sais, mais là, je bloque. Faudrait peut-être un deuxième verre...

- Très drôle ! Allons de l'avant et occupons-nous plutôt de contacter nos collègues buralistes qui ont aussi été cambriolés. La solidarité devrait exister...

 

Le menuisier et le vitrier sont passés. Des réparations ont lieu dans l'après-midi et l'on peut entendre dans le quartier du Café du loup rouge coups de marteau, bruits de scie sauteuse, divers crissements et instruments qui font du lieu tout un orchestre en total désaccord.

Quand La Brebis vient se désaltérer après sieste, et voyant Fanch agenouillé, marteau en main et clous en bouche, il ne peut s'empêcher d’ironiser - la main en porte-voix tant les bruits dominent :

- Eh ben, mon Karajan, t’es plus fort que l’orchestre de la philarmonique de Berlin !

- T’as raison Eugène, marre-toi ! Tu veux dire que c'est pire que l'orchestre de la fille à Monique de Berrien !

- La fille à qui ?

- … !?

Fanch n’est pas très fier de sa blague et rit plutôt jaune…

- Laisse tomber ! dit alors La Brebis. On s'entend plus causer ! Viens un peu dehors que je te dise ma théorie. Moi quand je fais la sieste, c'est là que mon cerveau est à marée haute.

- Sûrement ! ironise Fanch, dérangé dans son désir de finir de bricoler au plus vite. Cerveau à marée haute ? Plutôt échoué comme une méduse à la côte, oui vat !

- Te moque pas, écoute plutôt...

Et La Brebis de se lancer dans une longue tirade argumentée, dissertant à l'envi, choisissant ses mots, tandis que dans le ciel défilent de gros cumulonimbus - dodus comme des moines en goguette. Fanch suit des yeux leur course.

- Tu ne m'écoutes pas, à quoi tu penses ?

- A mon bateau, mon vieux Beg Hir qui me manque.

- Encore tourné vers ton passé ? Ta vieille mélancolie qui refait surface, je la connais trop ! C'est ça qui va te perdre Fanch ! Oublie...

  • Tu en as de bonnes, toi ! L'oubli, l'oubli, c'est pas sur commande ! On n'efface pas le passé d'un seul coup de chiffon comme on le fait sur un tableau. On n'efface pas le passé, on le porte en soi dans le toujours, a dit Aragon.
  • V'la que ça le reprend ! Toujours à philosopher comme un perdu !
  • Un perdu ? Tu traites Aragon de « perdu » ?
  • De quoi tu me parles, Fanch ? Arago, Aragon, ou Aramis, je vais pas te réciter le dictionnaire des noms propres pour faire mon intéressant, quand même ?
  • Non, tu as raison ! Mais mon bar saccagé, plus celui des trois autres collègues dans la région, ça fait plus que désordre ! Alors, de penser à mon bateau, ça panse un peu mes plaies...
  • Tes plaies, tes plaies ! C'est pas la mer qui va les adoucir, tes plaies ! Quant à ton bateau, rassure-toi, il est très bien entre les mains de notre ami Jobic Lanthoën. Je l'ai encore vu sur le port l'autre soir. Il est fier d'avoir racheté ton Beg Hir, et ne cesse de dire du bien de toi ! Que tu étais un vrai professionnel, aux petits soins pour ton bateau...
  • Aux petits soins c'est sûr ! Et maintenant, me voilà veuf de mon bistrot ! Plus envie d'aller de l'avant...
  • Ecoute Fanch ! Les coupables, on va bien finir par les arrêter. Et toi ton café, tu vas le retrouver comme neuf dans quelques jours, alors quoi ?
  • La mer me manque, tu comprends ça, toi le vieux libertaire ! Ma liberté ! Les flots bleus, gris ou noirs ! La mer, la mer, toujours la...
  • Chante, beau merle, chante ! Va embaucher pour pêcher la coquille St Jacques si tu veux, va bosser pour un autre bateau, mais ta femme, Gwendoline ? Tu y as pensé à ta douce et belle ? Tu la vois s'embarquer dans l'aventure, des soirées toute seule, derrière le bar, à longueur de journée, à attendre son marin d'eau douce ? Et tes enfants ?

Gwendoline interrompt l'entretien :

  • Fanch, tu as pensé à téléphoner au marchand de bière ? La pompe est saccagée et les fils électriques sectionnés...

Elle fait la moue, deux doigts occupés à relever une mèche de cheveux, salie par les travaux.

  • Non ! Je n'y ai pas pensé... Je ne pense plus ! Ras le bol de ce métier de sédentaire ! Je veux la mer ! Je veux voir la mer... La mer ! C'est clair ?

- Tout s'éclaire... Grâce à toi ! ironise Eugène. Bravo mon gars ! Voilà que ça te reprend. Faut te faire en urgence une piqûre, te mettre au repos ! Voilà la vérité : sous pentothal !

  • ... Ou pain complet, je crois, renchérit Gwendoline devant La Brebis.

 

Fanch, ignore la blague ; le regard tourné vers l’ailleurs.

Vers on ne sait quel océan de brumes.

Perdu comme un marin orphelin de la mer.

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:16

 

  • « Tu es l'herbe sauvage d'un jardin oublié

mésange sautillant au milieu des pollens

Et sous les vents repus de conquêtes amères

végétale candide tu offres ta fraîcheur

 

Douceur d'herbe fragile en ce jardin secret

ta chlorophylle virevolte

parmi l'ache le thym

et le parfum des roses

 

Tu es l'herbe oubliée d'un jardin disparu

Loin des lois de la ville

Tel un asile neuf ce jardin nous abrite

émouvante aventure aux derniers jours de juin

 

Nous y sommes sculptures

vivantes végétales

couple transfiguré dans le chant inouï

des mésanges bleutées

 

Nous y sommes

joyeux architectes du lieu

sans cesse devançant le soleil ou son ombre

sans cesse regardant cette terre si belle

la caressant d'espoir

la fortifiant de nos sourires

lui faisant boire

de nos fécondes mains

des arcs en ciel d'histoire. »

 

 

 

 

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  • : Le blog littéraire de Yann Venner
  • : poèmes publiés en recueils de l'auteur, ses romans noirs & cocasses, articles divers autour du polar, des littératures du Maghreb...
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