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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 17:44

Le mot est un oiseau :

– Martinet, griffe l’air,
inscris tes paraphes,
ta signature trempée
dans l’encre des orages.

– Mésange à tête noire
grave dans le bois
ton chant d’amour, picoré à tue-tête.

– Merle, inscris
tes pas sur la neige,
en vers libres.

– Aigle, tournoie
au-dessus de ton aire,
dessine un poème de joie.

– Moineaux en nombre
écrivez des mots insensés
dans les arbres de ma rue….

 

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 12:38

Inanité sonore

 

Pétri de subjonctifs et nourri

de litotes tu grandis

flamme austère brûlant

toutes tes notes.

L’écriture est inane et vain

le mouvement de la main

qui transcrit

tous ces atermoiements

Ces remugles sonores trempés d’encres secrètes

Ces flots calligraphiés

ballotés sur les crêtes

Comme des poissons morts.

Le chant noyé des mots

S’est enfin ravalé aux gorges des sirènes

Écrivain enchaîné à ton mât

de misaine

Tu pleures matelot

Sur ta déconfitaine.

 

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 12:36

Fin de campagne

 

…L’orateur ne parvenait pas à clôturer son discours. Il avait utilisé des mètres de littoraliture, de bobarbelés galvanisants et d’hexamètres dactyliques hyperbranchés.

De toute façon, le courant ne passait plus dans la salle. L’auditoire étouffait sous l’âcre remugle d’une foule croupissante ; et l’atmosphère, pleine comme un œuf, était à son comble.

On entendait bien ça et là, de temps à autre, quelques ronflementsonges qui ponctuaient avec peine l’interminable spitche.

Trop dense, le discours courait comme un torrent furieux. Un hurlementsonge final du grand blablateur fit grésiller les sonotones et brusquement, l’assistance assistée, rallumant ses écouteurs et rassérénée, se remit d’aplomb pour embrayer la Marionnaise finale.

 

La campagne était close dans la grande Cité, ouverte à tous les vents de la vieille patrie pétomaniaque.

 

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 17:13

L’insaisissable

 

Je veux disait l’enfant

Un cheval de manège

Et un tour de magie

Un cheval de magie

Comme un tour de manège

 

Son vœu fut exaucé

Il devint cavalier

Magicien à cheval

Rênes dans une main

Cartes et dés dans l’autre

 

Sans peur du lendemain

Ils allaient l’un et l’autre

Plage de sable fin

Grève petit ménage

Monture et cavalier

Découvraient des rivages

Sautaient sur l’échiquier

Découpaient des images

Une forêt en tête

Une fête foraine

 

Peindre peindre la scène

Mais pourquoi tant de peine ?

 

Le cheval et l’enfant

Ont déserté l’arène

 

D’entre nos doigts

Le sable fuit

Magie manège tout s’enfuit

Carcasse de l’enfance un bruit

 

 

 

 

***********************

 

Territoires
libérés
désancrés
illettrés
balancez-vous

 comme des îles
sur
un océan bleu d’argile

seul un
poisson a gravé
son inutile
nostalgie.

*************************

Le temps d’écrire un doux message
à l’infini,
l’oiseau que j’avais mis en cage
est reparti.

Soliloques du désespoir
il s’est enfui ;
course folle à broyer du noir
le soleil luit.

La parole a quitté le livre
au crépuscule ;
la page est blanche de sons ivres
qui basculent.

 

 

*****************

COURBURE MARINE

 

Ta bouche est un vaisseau de laine qui m'habille

chaque baiser de toi un vêtement de chair

et dans ta chevelure j'ai trouvé une mer

où plonger à loisir mes doigts pris de vertige.

 

J'ai longtemps navigué sur ta courbure marine

caressé ta peau blanche vibrante de frissons

et sur ta chair fragile j'ai abordé enfin

comme un naufragé ivre

sur ton doux rivage.

 

 

 

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 20:45

Pour le bon motif

 

 

Pour le bon motif

Soyons créatifs

Que de l'émotion

naiss' la création.

 

 

Pour le bon motif

soyons réactifs

 

 

prenons nos crayons

crions nos envies

nos rages nos peines

douleurs et soucis

 

 

Pour le bon motif

soyons émotifs

pour le bon motif

soyons inventifs

 

 

Pour le bon motif

sachons émouvoir.

Par la pointe noire

soyons crayatifs

 

 

 

 

 

Crayons / crions

 

 

Crayons cassés

crayons blessés

crayons pudiques

crayons ludiques

et puis mâchons

lisons nos mots

lisons l'écrit

lisons nos cris

nos mots d'école

colibris

nos mots décollent

tout surpris

nos mots vernis

nos mots brillants

nos phrases lisses

ou torturées

nos phrases folles

mais libérées.

crayons brisés

 

traumatisés.

 

Crayon craintif

crayon plaintif

crayon banal

sentimental

crayon usé

assassiné

crayon rayon

multicolore

crayon plus fort

que toute mort

 

Crayons forêts

crayons debout

crayons sensés

crayons sans C

rayons blessés

lignes brisées

crayons passions

crayons crions

nos émotions

sur le papier

 

 

 

 

 

SLAMKIPEU

 

 

Petite souris, confiserie

légende ainsi que gourmandise

voici venus les mots choisis

qui font naître la poésie :

 

un slam à offrir chaque jour

composé par des troubadours

un slam tricoté cet hiver

par une équipe de trouvères

 

Confiserie, petit' souris

gourmandise ainsi que légende

quatre mots que l'on appréhende

quand les jours sont un peu trop gris.

 

Un slam qui nous saute à la hanche

et envahit nos feuilles blanches

un slam qui éblouit nos yeux

et nous chatouille les paupières

 

 

 

 

 

Petite souris, confiserie

légende ainsi que gourmandise

voici venus les mots choisis

qui font naître la poésie :

 

un slam venu du fond des cieux

plus pétillant qu'un verre de bière

un slam qui croque sous la dent

attendant le prochain printemps

 

Confiserie, petit' souris

gourmandise ainsi que légende

quatre mots que l'on appréhende

quand les jours sont un peu trop gris.

 

un slam qui a kèkchose d'extrême

à la manière d'un poème

un slam qui remue nos silhouettes

un slam qui fait vibrer la luette

pour vous offrir un jour de fête

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 20:39

SLAMAMUSE

 

S

autons sur l’occasion

autons sur le langage

lamusons-nous ensemble

Filles & gars de tous âges

Saluons le soleil la lune & les étoiles

Sollicitons les mots

Et puis mettons les voiles

Scandons nos émotions

Nos idées nos paroles

Nous les semeurs de mots

Les slameurs des écoles

 

L

ançons des mots des phrases

ançons nos souvenirs nos fêtes

ançons-les dans le vent

Des idées plein la tête

Mettons sur le papier

Nos douleurs & nos peines

Nos joies nos sentiments

 

A

ppelons au secours

l’aide ou notre frère

ppelons-en à Dieu au diable

ttrapons les idées

Attirons-les à nous

Bousculons le langage

Mettons-le à genoux

Armons-nous de mots forts

De mots durs de mots mous

 

M

ettons-y notre cœur

nos tripes & nos envies

âchons & mastiquons notre vocabulaire

alaxons l’écriture

Pour lui faire prendre l’air

Mitonnons-nous un texte

Qui met en jeu LA VIE

Cela dit…

 

 

Slam ennuie

Et slam amuse

Slam me va

Et slam suffit

 

 

Slam irrite

Et slam énerve

Slam attire et

Slam éloigne

 

 

Slam agace

Et slam emmerde

Slam va pas

D’dire des gros mots

 

 

Slam m’importune

Et Slam m’est égal

De slalomer

Avec les mots

Car slam m’interpelle

Et slam m’la coupe

De slamuser

Quand slam me plaît !

 

 

 

 

 

 

Textes de Yann Venner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 12:12

ÉCLATS D’ÂMES

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

Des choses à dire

Et à écrire

Des mots qui frappent

Des mots qui claquent

 

Faut juste avoir

De l’énergie

Y mettre tout son appétit

 

Faire du slam

C’est c’que j’réclame

Pas de tamtam

Ni de programme

 

Juste d’écrire ses envies

Son bon plaisir ou ses soucis

Avec des sons qui nous étonnent

Quelques voyelles et des consonnes

 

Prendre la parole en public

Au rythme de son crayon Bic

Et puis faire jaillir les syllabes

Sans un micro

C’est formidable

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

 

 

 

Yann Venner

Janvier 2018 pour les élèves de 4ième du Collège Gilles Gahinet ARRADON

 

…Et pas besoin d’être un stratège

Pour faire du slam au Collège…

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 11:05

CHAPITRE I

 

 

 

Le réveil sonne à sept heures pile pour Fanch Bugalez qui a mal dormi. Blotti contre Gwendoline, il ne cesse de presser son corps contre elle. Bougeant, remuant, l'homme entoure de ses bras le cou et les hanches de sa bien-aimée. Qui finit par réagir :

- Quand tu auras fini de me réveiller, préviens-moi !

Et voilà notre Fanch Bugalez tout décontenancé. Lui si sensible, nerveux et agité depuis qu'il a repris « Le Café du Loup Rouge » avec sa compagne, n'ose soudain plus bouger. Ni respirer. Plusieurs anges passent, un goéland s'esclaffe sur la toiture au-dessus d'eux.

- Tu respires ou tu es mort, l'interroge Gwendoline?

Deuxième coup de semonce, bien que prononcé avec une pointe d'humour. La première injonction a aussi été formulée sur le ton de la plaisanterie, mais Fanch, obsédé par sa propre nervosité, n'en avait pas saisi la nuance.

- Gwendoline, je sens que je bande.

- Tu le sens, d'abord ? Ou tu bandes, après ? A moins que tu ne fasses les deux en même temps ! Car si c'est une érection avant miction, dis-toi que c'est mission impossible...

Et la femme éclate de rire, bien réveillée cette fois-ci.

Fanch, plutôt vexé mais beau joueur, allume la lampe de chevet, se lève d'un bond, et va assouvir un besoin naturel en vidant sa vessie tourmentée. Puis retourne au lit, une idée derrière la tête. A peine est-il allongé que le téléphone sonne.

- Et voilà ma chance ! Moi qui voulais te faire un troisième enfant, peine perdue...

- Allô, oui, qui est-ce ? Vous avez vu l'heure ?

Haussant les épaules, Gwendoline pouffe en silence, puis ébouriffe sa longue chevelure brune, poitrine en avant, superbe et provocante. De quoi décontenancer le pauvre Fanch.

- C'est Félix, Félix Stereden, le tombeur de ces dames...

- … Et la catastrophe de Trébeurden !

- Ne te moque pas Fanch ! Ton bar a été cambriolé cette nuit. La devanture est brisée, la poignée d'entrée tordue, et la porte du bar a bien souffert. On dirait un crash à la voiture-bélier !

- C'est une blague ou quoi... T'es encore bourré Félix ?

- Non, je te dis ! A jeun je suis, et déjà sur la piste des cambrioleurs. Ils ont laissé un mot sur le comptoir, car je me suis permis d'entrer.

- Un mot ? Mais quel mot ?

- « FUCK BUGALEZ » !

Félix a prononcé fuque. Ce qui met Fanch dans un embarras immédiat.

- Fuque, ça veut dire quoi, à ton avis ?

- « Va te faire enc... » ! Désolé d'être grossier Fanch !

- Ah, tu veux dire feuque ?

- Oui, si tu veux... Et tout le tabac a été volé ! Plus un paquet de cigarettes sur tes rayons !

Un silence.

- La fumée ne va pas les empêcher de tousser, c'est certain !

- Et c'est tout ce que tu trouves à dire, Fanch ?

- Oui ! Je suis estomaqué, sonné, glacé, douché à sec, mal réveillé ! C'est tout ! Attends-moi devant le bar ! J'arrive dans cinq minutes. Merci quand même ! »

 

Félix a raccroché, dépité.

« C'est comme ça qu'on me remercie ! Y'a plus d'saisons dans cette année, plus d'respect pour un adjudant-chef à la retraite... »

 

Le Félix qui vit désormais à Perros-Guirec, trouvant plus chic d'habiter cette station balnéaire très connue, fait les cent pas devant le « Café du loup rouge ». Le retraité retrouve ses bas instincts de limier, son flair à la dérive.

- Encore un coup des écologisses qui croivent que, pour avoir la santé, c'est de voler le poison des autres. Si le cancer du tabac ne m'a jamais effrayé, c'est pas des voleurs à la manque qui vont sauver la Sécu en détruisant les stocks de cigarette en France. C'est devenu une mode ces vols ! Le terrorisme vert ! Va falloir sévir contre Europé Kologie ! Tous ces écolos qui s’imaginent supérieurs au commun des immortels, avec leurs études en vert ! Moi, je sais très bien qu'une carotte, ça pousse pas dans un frigogidaire. De même qu'un poisson pané, c'est pas non plus au congélateur qu'il a grandi ! Ces verts bobos nous font des débats sur l'agro, sur l'agglo, les vélos ! Mais jamais sur les négros, les clodos, les homos ! C'est du bourrelage de crâne qu'ils nous labourent la tête avec ! Tout ça va faire de nos gosses des verts de gris ! »

Ces élucubrations extradivagantes noient le cerveau du pauvre Félix jusqu'à nous en donner le tournis...

Heureusement, un homme d'action arrive, et quel homme ! Fanch sort de sa vieille Mercedes break au petit trot, le sourcil bas, la joue pas rasée.

- « Merci camarade Stereden ! On voit que tu restes un bon chien de la République !

- Ne commence pas avec tes réflexes de petit libertaire. Occupe-toi plutôt de ta boutique.

Ping-pong verbal habituel entre deux frères ennemis qui se connaissent depuis des lustres. Fanch photographie d'abord les lieux. Au sens propre et figuré. Il a sorti un téléphone portable dernière génération qui estomaque son vis à vis.

- Eh ben mon colon, te voilà équipé à la mode bobo !

- Bobo ou pas, je flashe à tout va. La scène de crime, toi tu connais ! Et pour aller plus vite avec les assurances, je prends les devants.

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 11:33

Fin de campagne

…L’orateur ne parvenait pas à clôturer son discours.

Il avait utilisé des mètres de littoraliture, de bobarbelés galvanisants et d’hexamètres dactyliques hyperbranchés.

De toute façon, le courant ne passait plus dans la salle. L’auditoire étouffait

sous l’âcre remugle d’une foule croupissante ;

et l’atmosphère, pleine comme un œuf, était à son comble.

On entendait bien ça et là, de temps à autre, quelques ronflementsonges qui ponctuaient avec peine

l’interminable spitche.

Trop dense, le discours courait comme un torrent furieux.

Un hurlementsonge final du grand blablateur

fit grésiller les sonotones

et brusquement, l’assistance assistée,

rallumant ses écouteurs et rassérénée,

se remit d’aplomb pour embrayer la Marionnaise finale.

La campagne était close dans la grande Cité,

ouverte à tous les vents

de la vieille patrie pétomaniaque

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:35

Nu

Nu

Dégrafe tes bijoux et pose

Ta main sur ton sexe de rose

Libérée de toute parure

Tu déroules ta chevelure

Entends-tu Baudelaire gémir

Son fantôme aime les caresses

Allongée comme une hétaïre

Ta jouissance est une promesse

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  • : Le blog littéraire de Yann Venner
  • : poèmes publiés en recueils de l'auteur, ses romans noirs & cocasses, articles divers autour du polar, des littératures du Maghreb...
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