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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 17:54

PRIÈRE

 

 

Ma camarade,

A la peau désormais sèche,

A la chevelure

Pareille à un velours de givre

Qui recouvre par plaques

Un crâne pelé de femme

Stérile dans son cercueil de pétales

Morts dorés

Ma camarade qui gémit

Écartée du soleil

Sous l’ombrage de tes souffrances

Tu n’as plus le cœur à converser

Avec l’eau au pied du saule

Et des larmes de gel sur tes joues

Perlent solitaires

Dans le creux de tes rides amères

(Cicatrice fossile de tes premiers jeux)

Un cloporte égaré s’arrête muet

Il comprend sans maudire

Que l’humanité perforée

Etale ses blessures

Décousue, déflorée

Tu n’es plus

Sœur

 

NATURE MORTE

 

Inerte

Après les ébats du plaisir

Après les cris et les soupirs

Elle repose.

Dans la pâleur verte

De son oreiller de mousse tiède

Elle a le sourire

De celle qui s’est laissée

Surprendre dans son rêve

Par la mort.

Inerte dans la pâleur verte

Des grands ravages

Bucoliques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les petits pas de l’aube

Glissaient

D’un pas tranquille

Sur les toits de mon rêve

Pour ne pas me réveiller

Ils avaient revêtu de soie

Leurs ballerines

Rosies de brume ;

Faisaient des entrechats

Tout au bord des gouttières ;

Guettant

Dans le plaisir de leur vertige

L’apparition soudaine

De mon réveil

Ensoleillé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soleil musclé

Boule de biceps rouges

Aux rayons deltoïdes

Etreins les nuages étonnés

Dans ton gros rire matinal

Roule dans la dentelle humide

Des cumulus éparpillés

Et perce au pas de gymnastique

Ce firmament jauni d’étoiles anémiques.

Regarde bien ce matin neuf

De coq stupide et arrogant

De grenouille baillant

Aux paupières fripées

Et de crapaud poussif

A la lippe baveuse.

Dans la campagne ankylosée

Soleil

Jette ta poudre d’or

Aux yeux du matin blême.

 

 

 

 

 

 

 

TRISTE JARDIN

 

 

Les plate bandes s’insurgent

Contre le jardinier malfaisant

Qui les arrose tous les jours

A contre-courant.

Mais le pire,

C’est qu’il ne s’aperçoit pas

Que l’eau claire de son arrosoir

A transfloré les fleurs

En acier trempé

Et les pistils en fer plombé

N’ont du fer que faire.

L’étamine s’est noyée

Dans cette physique déplorable

Des prothèses en aluminium

En claquant des dents

Sous les soubresauts du pot de fer.

L’arrosoir, triste à pleurer, retient ses larmes

Pour ne pas accroître le ravage.

« A quand donc, pense-t-il

La liberté de la flore et ses rosiers ? 

Tout est couleur de rouille ici…

Et c’est l’été ! »

 

 

 

 

 

 

Une paire d’yeux perdus

Qui miroite

Dans le triste écho

Du soir grinçant

Dans le triste reflet

Du crépuscule lunaire

Qui broie,

Au moulin de la colère,

Son café d’étoiles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOLSTICE

 

Main d’or, aux doigts de flamme,

Main magique, aux doigts d’artificier,

Main jaune ouverte sur le monde

Ou aux doigts repliés

Boule brillante, rayons musclés

En coups de poing brûlant.

Main riche aux doigts irremplaçables

Main nourricière avec tes doigts d’artiste

Ranime, à la forge qui s’allume,

La Terre mouillée de rêves,

Toute empêtrée de nuit

Dans ses draps fatigués.

Soleil, main d’or musclée

 

Œil tout puissant du ciel c’est l’est,

Œil oriental aux cils ardents

Anneau lumière et cils géants

Œil nu à la pupille en flamme

Œil immobile et suspendu

Bardé de flèches irisées

Œil lumière regarde fixement

La Terre qui fait feu des deux faces

Et qui te tourne autour saison après saison

Soleil, œil nu du ciel en marche

 

A chaque fois de la même façon

Achève son travail :

Se lave dans la mer,

Rentre dans son écrin :

Tous les doigts dans la main magique,

L’œil dans la paupière du ciel.

Ainsi jusqu’à demain,

Main d’or aux doigts de flamme,

Jusqu’à l’aube nouvelle

Œil oriental aux cils ardents

Soleil, main d’or musclée,

Œil nu du ciel en marche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE JARDIN DES MIRACLES

 

Dans mon beau jardin poussent :

Des tracosphères charismatiques,

De miraclifiques crapaudontes bouillaveux,

Des carembones aquatiques,

Des gromellus tétarinés,

Des asclépiades nains exotiques,

Des lactitudes rougeoyantes,

Et des nepharnia grenouillantes.

 

Si vous voulez le visiter,

Venez m’en demander la clef

 

 

 

 

 

 

 

 

LA LEÇON DE PEINTURE

 

Immobile et figé telle une image sainte

Le paysage est là posé comme une empreinte.

Pas un bruit, pas un pas ne trouble cet instant.

Le peintre à sa palette choisit des touches d’or

Pour signifier le ciel, l’en-haut, le firmament ;

Il prend un peu d’argent pour le rendre aux étoiles

Puis du blanc pour la nuit

Car la nuit est laiteuse

L’air moite et Bételgeuse

Fixe d’un œil moqueur cet homoncule artiste,

Ce faiseur, ce copieur de nature encadrée

Qu’il ira vendre un jour aux amateurs glacés.

Sur un simple tableau, une petite toile

Un morceau de pays, géométristemeort

Ira fleurir musées, salons, faire décor.

Le peintre achève alors son obscure besogne,

Assis, debout, râlant, il pille sans vergogne…

Et la nature s’endort, souillée sous son étreinte ;

Demain, au petit jour, elle ira porter plainte.

 

 

 

 

 

 

 

ARCIMBOLDO

 

 

 

(Peintre qui représentait souvent le visage humain ou des corps,
avec des fruits, des livres, des objets…)
*
J’ai la nature en moi
accrochée à mes trousses
qui sans cesse repousse
mon squelette de bois

Mes nerfs sont des racines
sculptés parmi la mousse
de ma chair que ravinent
des torrents d’herbe rousse

Mes veines des ruisseaux
en fuite dans la plaine
de mon alter ego
qui court à perdre haleine

Essoufflé je m’éteins
comme un vieux ver luisant
fossoyeur du chagrin
à la lampe d’argent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DERNIÈRE PLUIE

 

Soleil, flambée d’écume au large de minuit,

Le poème n’est plus qu’un babil qui m’ennuie

Le phare d’Alexandrie fouille dans son grenier

Cherchant du neuf encore au milieu d’un guêpier

Ulysse, Alice, hélas !

Ô miroirs éclatés !

Qui nous récitera en douces mélopées

La molle éternité aux yeux de ritournelle

Ou les cris du présent

Infesté de crécelles ?

Plus jamais le soleil, ni trouble ni repos

La vie est ainsi fête

Aux marges du sanglot

Paradoxe ineffable au goût d’absence beige

Je me fonds dans le globe d’une goutte de neige

Dilué disparu enfui dans la lumière

J’ensemence l’espace d’atomes ingénus

Et si je vous écris et si je vous salue

Donnez-moi le bon jour

Car je suis né d’hier

GOURMANDISE

 

 

L’abeille baille sous le soleil

Qui voudrait tremper ses rayons

Au cœur de la ruche en émoi.

Chut ! L’abeille s’est endormie.

Laissons l’astre boire à la paille

Le doux nectar au goût exquis.

 

 

 

 

 

SOLSTICE

 

Main d’or, aux doigts de flamme,

Main magique, aux doigts d’artificier,

Main jaune ouverte sur le monde

Ou aux doigts repliés

Boule brillante, rayons musclés

En coups de poing brûlant.

Main riche aux doigts irremplaçables

Main nourricière avec tes doigts d’artiste

Ranime, à la forge qui s’allume,

La Terre mouillée de rêves,

Toute empêtrée de nuit

Dans ses draps fatigués.

Soleil, main d’or musclée

 

Œil tout puissant du ciel c’est l’est,

Œil oriental aux cils ardents

Anneau lumière et cils géants

Œil nu à la pupille en flamme

Œil immobile et suspendu

Bardé de flèches irisées

Œil lumière regarde fixement

La Terre qui fait feu des deux faces

Et qui te tourne autour saison après saison

Soleil, œil nu du ciel en marche

 

A chaque fois de la même façon

Achève son travail :

Se lave dans la mer,

Rentre dans son écrin :

Tous les doigts dans la main magique,

L’œil dans la paupière du ciel.

Ainsi jusqu’à demain,

Main d’or aux doigts de flamme,

Jusqu’à l’aube nouvelle

Œil oriental aux cils ardents

Soleil, main d’or musclée,

Œil nu du ciel en marche.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 18:09

OMEGA

 

Je n’ai plus qu’un cri à pousser

Et me voilà désormais libre

Libre de toute logorrhée

Pour en finir avec les mots

Ne plus avoir à formuler

D’anacoluthes de litotes

Ne plus à forcer mon discours

A mâcher mon vocabulèvre

 

Cerveau d’une armée de sicaires

Je ne laisse aux mots rien en gage

Je ne parle plus à ma langue

Mollusque operculé déjà

La seule trace derrière moi

C’est un fleuve de sialorrhée

Où j’ai noyé toutes mes îles

Mon œuvre à naître : l’indicible

La source même du silence

La source même du silence

 

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 09:45

POÈMES

 

 

APPASSIONATA

 

J’ai tout un clavier dans la tête

Une harmonie d’étoiles filantes

Dedans mon  âme une tempête

Au bout des lèvres une amante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ta bouche est un navire de laine qui m’habille

Chaque baiser de toi un vêtement de chair

Et dans ta chevelure j’ai trouvé une mer

Où plonger à loisir mes doigts pris de vertige

 

J’ai longtemps navigué sur ta courbe marine

Caressé ta peau mate vibrante de frissons

 

Tout près toi Beauté allongé j’imagine

 de nos corps apaisés la divine chanson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

Sous les paupières de l’horizon

Flottent nos rêves.

Et tes doux pas se posent

Au bord des vagues,

Venues danser à mes lèvres.

Les algues chantent

Il fait soleil.

 

Caressée par la soie du vent

Frémit la chair des coquillages.

Et sur le sable de la plage,

Sortis de l’eau,

S’ébrouent nos corps

Coquelicots.

 

 

 

 

 

 

***

 

 

 

La barque de tes yeux

A chaviré mon cœur.

Entre le ciel

Et ton visage

Je flotte dans ta chevelure

Comme au bout d’une branche

Un songe dans sa fleur.

 

Une voile s’approche

Rose de frissons neufs

 Murmure ton doux nom

De chair et de tendresse.

 

Eaux mêlées de ma voix

Breuvages de nos rires

Je savoure ton miel

Aux rayons du couchant.

 

Sur le sel de ma peau

Tu as posé tes mains

Et nos corps ont chanté

De belles harmonies

 

 

 

 

 

***

 

 

 

Dans l’herbe de tes lèvres

Je me suis allongé

Tout près de toi

A combler la distance

 

Dans ce jardin

D’invraisemblables couleurs

Je t’ai trouvée

Murmurant aux hirondelles :

« Aime sans savoir pourquoi tu aimes,

Sois toi-même ton repos,

Chaque mot écrit un autre mot. »

 

Quand je me suis relevé

Mes vertèbres n’avaient plus peur

Les herbes ruisselaient de joie

Ta bouche a caressé ma main

 

Et dans la sève de ton sourire

Je t’ai rejoint.

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rêvant de doux voyages

Les gants bleus de la nuit

Ont caressé nos lèvres

 

Nos corps endormis sur le sable

La barque de ton ventre

Flotte contre mon cœur

 

Affamés de douceur

Les chevaux de la mer

Cous tendus

Croquent des grappes d’astres

Aux dernières lueurs

 

Le poisson lune

Soupire après la voile

Il neige sur ton corps

Des écailles de fleurs

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se promène

dans ton regard

cette solitude

qui jette ses pétales

dans le fleuve du jour

 

Existe en toi

un printemps

plus haut que l’horizon

 

 

Toutes les branches

Peuvent fleurir

Il fait si doux

dans ton sourire

 

 

 

 

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:16

 

  • « Tu es l'herbe sauvage d'un jardin oublié

mésange sautillant au milieu des pollens

Et sous les vents repus de conquêtes amères

végétale candide tu offres ta fraîcheur

 

Douceur d'herbe fragile en ce jardin secret

ta chlorophylle virevolte

parmi l'ache le thym

et le parfum des roses

 

Tu es l'herbe oubliée d'un jardin disparu

Loin des lois de la ville

Tel un asile neuf ce jardin nous abrite

émouvante aventure aux derniers jours de juin

 

Nous y sommes sculptures

vivantes végétales

couple transfiguré dans le chant inouï

des mésanges bleutées

 

Nous y sommes

joyeux architectes du lieu

sans cesse devançant le soleil ou son ombre

sans cesse regardant cette terre si belle

la caressant d'espoir

la fortifiant de nos sourires

lui faisant boire

de nos fécondes mains

des arcs en ciel d'histoire. »

 

 

 

 

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 18:47

Vigie lente

à Odile Guérin

Molène, île de sable, de loess et de rochers,

vieille île au beau granit usé par les tempêtes ;

sentinelle avancée devant nos yeux rêveurs.

Tu nous fait voyager dans le temps dans l'espace,

territoire inviolé, perle unique en Trégor.

Molène est un trésor, un rêve d'enfant sage

qui contemple de loin ce bout de paysage,

horizon dessiné au bout de nos regards ;

île proche et lointaine pour l'enfant qui s'égare

dans la contemplation de cette ultime plage

de sable fin de quartz de galets les plus rares.

Molène, île déserte, mais pas pour les oiseaux,

les fous, les cormorans, les phoques alentours,

les guillemots plongeurs et les huitriers pies.

Fleurs et plantes marines s' égayent, se propagent

offrant aux animaux tout un petit théâtre

de verdure et de dune où chacun se rassemble

pour y jouer la pièce toujours recommencée

pour y danser la vie toujours renouvelée

dialogue musique biodiversité ;

de quoi nourrir l'oreille et la vue d'un public

invisible et discret en cet unique lieu

magie de la nature et la mer tout autour

orchestre de velours ou tempête et tambour.

Molène, île de sable, de loess et de rochers,

vieille île au beau granit usé par les tempêtes ;

sentinelle avancée devant nos yeux rêveurs.

Tu nous fait voyager dans le temps dans l'espace,

territoire inviolé, perle unique en Trégor.

Yann Venner

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:02

Courbure marine

Ta bouche est un navire

De laine qui m’habille

Chaque baiser de toi

Un vêtement de chair

Et dans ta chevelure

J’ai trouvé une mer

Où plonger à loisir

Mes doigts pris de vertige

Sur ton corps et ta chair

J’ai abordé enfin

Caressé ta peau mate

Vibrante de frissons

J’ai longtemps navigué

Sur ta courbure marine

Longtemps pour embrasser

Ta courbure marine

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 18:23

AU SOLSTICE DE MES PENSÉES

Ô mon ardente Béatrice

Ton corps je le veux caresser

Tel un feu de joie créatrice

Sous mes doigts habiles pressés

Ta gorge nue je sollicite

L’embrasse avec mille délices

Peau chair vallées éperons sites

Chemins et rus pour mains complices

Beaux tétons durcis qui bourgeonnent

Ton nombril frémissant de joie

Une anatomie qui fredonne

Ramassée autour de mes doigts

Ainsi glissent tous les plaisirs

Sur la pente de nos désirs

Et je bois à ta source pure

Le lait nouveau de l’Aventure

Tu me façonnes & me fascine

La douceur d’une mèche

L’éclat d’un œil coquin

Ton sourire qui me lèche

Jeu de vie en quelqu’un !

Je deviens quelque Un.

Brassée bleue de lumière

Belle énergie de ton regard

Tu m’environnes de tes bras

Telle la courbe

D’un arc-en-ciel en marche

Et j’écris les deux mots

« feu d’artifices »

Mon lis du Nil

Ma tubéreuse bleue

Toi l’agapanthe douce

Dans le camaïeu de tes yeux

J’ai vu pétiller tout un bleu

Le silence de tes iris

Cercles de feu

Et de soies lisses

Un camaïeu de pierres fines

Deux éclats sombres et sertis

Dans ton visage

Il est midi

Qui saurait dire pourquoi

S’attachent nos cœurs

L’un à l’autre ?

Qui saurait dire pourquoi

La course du temps les rapproche ?

Personne,

Si ce n’est deux cœurs

Nouveaux.

Ma toute belle de désir

Ma source qui ne peut tarir

Prolonge le chant pur des mots

En lieu et place du sanglot

Dans le chant fertile des gouttes

Ou dans le désir du présent

Je suis le pèlerin en route

Vers une éternité d’instant

Dans le jardin de Béatrice

Se glisse entre feuilles et branches

Une chatte fière racée

Qui, à pas comptés,

De ses hanches

Ondule parmi la rosée

Buissonnière dans les allées

Sa paupière lentement se plisse

La féline approche complice

Les oiseaux se sont envolés

Et son œil te scrute soudain

Toi sœur jumelle qui chantonne

Tu es si belle en ce jardin

Que le blanc lilas s’en étonne

Neuf poèmes. Yann Venner, Juin 2016 Trébeurden

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 12:23

Le juste Vivre

(sur quelques mots de Stephen Blanchard)

I

Au gré des encres inachevées

Toi & moi

-Loin des idées reçues –

Donner à entendre & donner à voir,

Donner à sentir, donner à toucher

Donner à goûter,

Donner à surprendre le blanc et le noir.

Donner aussi aux cavaliers

A leurs chevaux

Piaffant sur l’échiquier.

II

Au gré des pages fécondées

Faire vendange

Avec tous les raisins

De notre incertitude.

Et puis boire, boire

Jusqu’au mitan des nuits

Boire ce vin des songes et des astres

Parmi la voie lactée de nos âmes.

Donner

Donner ou rendre

Le goût de chaque goutte

Nos langues devenues pinceaux

Coulant breuvage

D’où naissent les mots neufs

Puis peindre mille et un poèmes

Sur la toile de nos corps.

III

Au gré des marges cadencées

Faire fi de la tombe prévue

De ses oiseaux noirs aruspices

Casser le langage des croix

Briser l’étreinte des clous

Sans cesse ôter la rouille

Son venin mal rendu

Pour avancer hors des barreaux

Loin des dents des morsures des épines

En embuscade à chaque jour.

Faire fi du gouffre et du vertige

Pour danser sur l’écume

Du Verbe

Toi & moi

Poussés par le grand vent

Du juste Vivre.

Danser à deux

Sur l’écume du Verbe

Juste poussés par le grand vent

Du juste Vivre.

Du juste Vivre

D’avoir voulu et su

Donner

Donner justement

Sans jamais se rendre.

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  • : Le blog littéraire de Yann Venner
  • : poèmes publiés en recueils de l'auteur, ses romans noirs & cocasses, articles divers autour du polar, des littératures du Maghreb...
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