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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 16:04

" Mêm' pas vrai !"

 

Un enfant a trouvé Respect et Tolérance

dans tous les dictionnaires du bon pays de France.

Il s'est dit : « C'est super ! J'ai des droits ! Vive l'enfance ! »

Il a aussi cherché ces mots-là dans la rue,

mais ne les a ni vus, ni lus, ni entendus.

C'était écrit partout sur les murs de la Ville

des injures, des gros mots, des choses horribles à dire :

« Retourn' dans ton pays, mort aux Juifs, sale raton !

Bougnoul, ou Nique ta mère, ou ton frère est un con ! »

Alors l'enfant trahi, déchiré par la honte,

a pris son dictionnaire pour un livre de contes.

 

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 17:38

ARCIMBOLDO

 

 

 

(Peintre qui représentait souvent le visage humain ou des corps,
avec des fruits, des livres, des objets…)
*
J’ai la nature en moi
accrochée à mes trousses
qui sans cesse repousse
mon squelette de bois

Mes nerfs sont des racines
sculptés parmi la mousse
de ma chair que ravinent
des torrents d’herbe rousse

Mes veines des ruisseaux
en fuite dans la plaine
de mon alter ego
qui court à perdre haleine

Essoufflé je m’éteins
comme un vieux ver luisant
fossoyeur du chagrin
à la lampe d’argent.

 

 

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 18:12

 POÈMES

 

 

APPASSIONATA

 

J’ai tout un clavier dans la tête

Une harmonie d’étoiles filantes

Dedans mon  âme une tempête

Au bout des lèvres une amante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ta bouche est un navire de laine qui m’habille

Chaque baiser de toi un vêtement de chair

Et dans ta chevelure j’ai trouvé une mer

Où plonger à loisir mes doigts pris de vertige

 

J’ai longtemps navigué sur ta courbe marine

Caressé ta peau mate vibrante de frissons

 

Tout près toi Beauté allongé j’imagine

 de nos corps apaisés la divine chanson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous les paupières de l’horizon

Flottent nos rêves.

Et tes doux pas se posent

Au bord des vagues,

Venues danser à mes lèvres.

Les algues chantent

Il fait soleil.

 

Caressée par la soie du vent

Frémit la chair des coquillages.

Et sur le sable de la plage,

Sortis de l’eau,

S’ébrouent nos corps

Coquelicots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La barque de tes yeux

A chaviré mon cœur.

Entre le ciel

Et ton visage

Je flotte dans ta chevelure

Comme au bout d’une branche

Un songe dans sa fleur.

 

Une voile s’approche

Rose de frissons neufs

 Murmure ton doux nom

De chair et de tendresse.

 

Eaux mêlées de ma voix

Breuvages de nos rires

Je savoure ton miel

Aux rayons du couchant.

 

Sur le sel de ma peau

Tu as posé tes mains

Et nos corps ont chanté

De belles harmonies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’herbe de tes lèvres

Je me suis allongé

Tout près de toi

A combler la distance

 

Dans ce jardin

D’invraisemblables couleurs

Je t’ai trouvée

Murmurant aux hirondelles :

« Aime sans savoir pourquoi tu aimes,

Sois toi-même ton repos,

Chaque mot écrit un autre mot. »

 

Quand je me suis relevé

Mes vertèbres n’avaient plus peur

Les herbes ruisselaient de joie

Ta bouche a caressé ma main

 

Et dans la sève de ton sourire

Je t’ai rejoint.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rêvant de doux voyages

Les gants bleus de la nuit

Ont caressé nos lèvres

Corps endormis sur le sable

 

La barque de ton ventre

Flotte contre mon cœur

 

Affamés de douceur

Les chevaux de la mer

Cous tendus

Croquent des grappes d’astres

Aux dernières lueurs

 

Le poisson lune

Soupire après la voile

Il neige sur ton corps

Des écailles de fleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se promène

dans ton regard

cette solitude

qui jette ses pétales

dans le fleuve du jour

 

Existe en toi

un printemps

plus haut que l’horizon

 

 

Toutes les branches

Peuvent fleurir

Il fait si doux

dans ton sourire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beauté

 

 

Ta joie

est suspendue dans mon regard

tel un printemps

 

Sur la plage endormie de ta nuque tiède

s’installe un silence de satin blanc

 

D’innombrables caresses

s’envolent de nos doigts

Et la beauté soupire d’aise

dans ce paysage de soie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les chemins de la beauté…

 

 

Beauté d’un battement de cil

Beauté des rumeurs de la ville

 

Beauté de la graine en dormance

Du château de sable en vacance

 

Beauté du mot mélancolie

Beauté d’une branche fleurie

 

Beauté nacrée d’un coquillage

Abandonné sur une plage

 

Beauté d’une peau satinée

Beauté d’un vers de Mallarmé

Beauté de la grappe en été

 

Trouble beauté d’un ciel d’orage

Fugace beauté d’un nuage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au printemps j’ai envie de :

Mordre dans les herbes

mordre les bourgeons

courir après le vert

 courir sur le gazon

d’attraper

de barbouiller mes doigts de verdure

De caresser l’herbe de mes doigts

De verdir mes doigts dans l’herbe

De sentir frémir

de monter

de grimper dans les arbres

La beauté a mille visages

d’entendre murmurer les germes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRINTEMPS

 

Promenades enfantines

dans la forêt des sentiments

arbrisseaux enlacés feuilles câlines

vous jouez à la poupée avec le vent

 

Arbres épanouis

et blanches églantines

amours enfantines

que vous êtes jolies

 

-« Qui souffle donc si fort ?

murmure le roseau discret. »

-  « C’est l’amour, l’amour encore

son cortège de mariés. »

 

Rêveries printanières

odeurs de sève sur les tempes

vous chantez dans l’herbe verte

que vos mélodies sont tendres

 

-  « Me voici tout en larmes

et mon cœur bat triple galop ! »

-  « C’est l’amour qui te désarme

pour venir t’offrir son anneau. »

 

Promenades enfantines

dans la forêt des sentiments

arbrisseaux enlacés feuilles câlines

vous jouez à la poupée avec le vent

 

-« Les musiciens font de la fête

un tumulte grandissant !

Est-ce la forêt ou ma tête

qu’enflamme le printemps ? »

 

 

Arbres épanouis

et blanches églantines

amours enfantines

le printemps nous sourit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai besoin d’un champ d’écritures

pour m’allonger dans la pâture

dans la pâte des pages blanches

pour y faire lever des histoires

 des herbes folles des mémoires

 

Dans les palais de la mémoire

s’invitent mille et une histoires

enroulées dans l’herbe du pré

en spirales recomposées

 

 

J’ai besoin d’un champ d’écritures

pour y ruminer à loisir

entre désirs et souvenirs

regrets tristesses

douces caresses

 

herbes folles mâchées broyées

renaissance de mes pensées

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:16

 

  • « Tu es l'herbe sauvage d'un jardin oublié

mésange sautillant au milieu des pollens

Et sous les vents repus de conquêtes amères

végétale candide tu offres ta fraîcheur

 

Douceur d'herbe fragile en ce jardin secret

ta chlorophylle virevolte

parmi l'ache le thym

et le parfum des roses

 

Tu es l'herbe oubliée d'un jardin disparu

Loin des lois de la ville

Tel un asile neuf ce jardin nous abrite

émouvante aventure aux derniers jours de juin

 

Nous y sommes sculptures

vivantes végétales

couple transfiguré dans le chant inouï

des mésanges bleutées

 

Nous y sommes

joyeux architectes du lieu

sans cesse devançant le soleil ou son ombre

sans cesse regardant cette terre si belle

la caressant d'espoir

la fortifiant de nos sourires

lui faisant boire

de nos fécondes mains

des arcs en ciel d'histoire. »

 

 

 

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 20:28

Le chant du peuple des dunes

La ronde en colère (chanson)

Refrain

C’est le chant du « Peuple des Dunes »

Ancré dans la baie de Lannion ;

Jour de colère nous proclamons

Notre sable est notre fortune.

1 Au fond de la baie de Lannion

Vivent des poissons par millions,

Qui sur le sable coquillier

Font la nique au groupe Roullier.

R

2 Il a fallu des millénaires

Pour faire le sable coquillier.

Pour saccager le fond d’la mer

Il suffit de quelques journées.

R

3 Que s’rait la terre de nos enfants

Si nous laissions faire aujourd’hui ?

Que pens’raient-ils de leurs parents

Si l’paysage était détruit ?

R

4 Les alevins et les lançons

Nag’nt sur la dune sous-marine,

Et ils composent des chansons

Contre le vol et la rapine.

R

5 Protégeons la faune et la flore

Contre les marchands de la mort,

Qui sont venus voler du sable

En pleine nuit c’est impensable.

R

6 Tous nos élus doivent lutter

Contre ce pillage insensé.

« Peuple des Dunes » restons unis

Contre la Can et ses profits.

R C’est le chant du « Peuple des Dunes »

Ancré dans la baie de Lannion

Jour de colère nous proclamons

Notre sable est notre fortune.

Béatrice Raffier et Yann Venner sur la musique d’Alain Renon,

sablecitoyen@gmail.com

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 11:34

Grappe

Les grains bavardent clairs au cœur de la nuit brune :

  • Je mûrirai, dit l’un,

et désaltérerai le gosier d’un puissant,

la gorge d’un enfant,

le palais d’une reine.

  • J’abreuverai dit l’autre et je caresserai

les papilles des hommes

quand je serai plus grand.

  • Moi, dit encore un autre,

je ne mûrirai pas je suis déjà mourant

car je vis dans la peur de me voir englouti.

  • Tu ne vivras jamais le plaisir du partage,

l’offrande de ton jus,

la connaissance offerte, la grume délivrée.

  • Dessèche-toi bien vite pour laisser de l’espace

Aux autres grains pressés de devenir bouteille.

« A cheval sur le vin » riez frères humains !

La divine boisson sera notre chanson

et nous galoperons en joyeux échansons

pour verser dans vos verres

les crus de l’univers !

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:18

La leçon de peinture

Immobile et figé comme une image sainte

Le paysage est là posé comme une empreinte

Pas un bruit pas un pas

Ne trouble cet instant

Le peintre à sa palette choisit des touches d’or

Pour signifier le ciel l’en-haut le firmament

Il prend un peu d’argent

Pour le rendre aux étoiles

Puis du blanc pour la nuit

Car la nuit est laiteuse

L’air moite et Bételgeuse

Fixe d’un œil moqueur

Cet homoncule artiste

Ce faiseur ce copieur de nature encadrée

Qu’il ira vendre un jour

Aux amateurs glacés

Sur un simple tableau

Une petite toile

Un morceau de pays géométristemort

Ira fleurir musées salons faire décor

Le peintre achève alors

Son obscure besogne

Assis debout râlant il pille sans vergogne…

Et la nature s’endort souillée sous son étreinte

Demain au petit jour elle ira porter plainte

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:14

Les bœufs

A Guillaume Apollinaire

Oh les bœufs malheureux

Comme ils sont ridicules

Oh les bœufs malheureux

Comme ils vont deux par deux

Oh les bœufs malheureux

Privés de testicules

Qu’un paysan cagneux

Coupa au crépuscule.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:13

Les mots

Les mots me rongent et me démangent

Les mots me mangent dans mes songes.

Les bons démons qui me dérangent

Rongent mes os rongent mes mots.

Je suis aux anges quand il pleut

Et dans la fange quand je veux

Roulé roulant dans la gadoue

Dépliant mon tapis de boue

La joie inondant mon abri

Petit paradis pour la nuit

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:11

Barques

Barques demi-barriques

Sur un fleuve de vin

Coquilles traversées

De rames en colère

De drames en galères

Où sont donc vos richesses

Petits bouchons mouillés

Barques transfigurées ?

Coquilles ballottées,

Est-ce une quête est-ce

Une odyssée d’ici

Un pas vers l’au-delà

Sur la mer sans merci ?

La barque balbutiante se verse et se reverse

Une pinte de bon vent d’ivresse renversante

La barque interloquée

Se renverse et se verse

Une pinte de bon vin d’ivresse renversée

Barque demi-barrique

Sur un fleuve de vin

Ô barque enchanteresse

Transporte ton prochain

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  • : Le blog littéraire de Yann Venner
  • : poèmes publiés en recueils de l'auteur, ses romans noirs & cocasses, articles divers autour du polar, des littératures du Maghreb...
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