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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 23:52

Un passé difficile

 

I

Non loin du village de Jobigny La Ronce,  à quelques lieues de Beaune, quand on quitte la Départementale Quatorze, se tenait la chapelle des Sœurs de la Charité. Grâce aux renseignements de mon ami Antoine de La Clairgerie, un ami bourguignon qui était  viticulteur dans la région, nous trouvâmes rapidement l’emplacement. Ayant laissé notre véhicule au bord d’un chemin forestier non carrossable, ce fut au bout d’une minute de marche que nous découvrîmes, le lieu saint.

Modeste par sa taille, discrète par sa position dissimulée derrière une vaste haie de platanes dressés comme de bienveillantes sentinelles, la construction du quinzième siècle occupait cependant une position stratégique. L’entrée de la chapelle, exposée plein sud,  offrait au premier regard une porte de bois noir aux deux lourds vantaux. Avant que le visiteur ne descende deux marches usées et polies, il pouvait admirer au-dessus de sa tête une voûte, avancée en surplomb. Parmi de vieilles dentelles ou broderies de pierres jaunies, trois gros blocs de calcaire ouvragé, telles des dents cariées – en arceaux, et recourbées en crocs de boucher s’avançaient, menaçantes.

On se sentait alors comme happé par cette affreuse bouche ouverte,  qui vous faisait frissonner alors que vous baissiez la tête pour pénétrer dans cet antre.

La haute porte, ouvragée par d’habiles mains de sculpteurs aujourd’hui devenus poussières, présentait de multiples symboles aujourd’hui effacés. Cet obstacle noir vous  invitait  - sur son étrange seuil – à une curiosité toute naturelle. Que l’on soit croyant ou non, une force vous poussait, contre votre gré, sans même que vous ayez le temps de vous poser la moindre question,  à pénétrer plus avant. Etaient-ce les deux têtes souriantes de lion sculptées, ou bien les larges ferrures horizontales si finement ciselées ? A moins que ne ce fut la couleur noire qui vous paraissait douce et réconfortante, soyeuse comme une peau d’animal ? Impossible de le dire…

On y entrait, un point c’est tout. Et l’austère bâtiment en pierre de Comblanchien vous avalait.

Tout d’abord, alors que clignotaient vos yeux, saisis par le contraste entre lumière et pénombre, tout votre corps vacillait. Un peu comme un effacement de vous-même, une absence.

Un vertige, léger, vous saisissait. Puis, passé ce bref délai, vos yeux s’ouvraient soudainement. Et tout en avançant vers la lumière diffuse et bleutée des vitraux,  votre personne entière devenait prisonnière  d’un bien fruste décor. Les murs écaillés ne laissaient plus deviner leurs anciennes couleurs ; l’autel nu, froid comme un cadavre reposant dans l’ombre, présentait une surface de marbre lisse. Un vase de verre à l’eau verdie laissait deviner trois tiges oubliées, croupissantes. Des pétales desséchés, légers comme des plumes, desquels toute vie était absente, reposaient sur la pierre dans un décor privé de toute vie. Seuls, deux moucherons ballotés par l’air que vous veniez de déplacer en entrant, voletaient au hasard, sans aucune destinée possible.

On eût dit un lieu à l’abandon, avec un Christ en croix, qui versait les dernières larmes d’un monde disparu. Haute de deux mètres, la poutre verticale présentait un bois fendillé mais brillant. L’autre partie de la croix, d’un bois plus sombre, et sur laquelle les mains clouées du supplicié semblaient toujours saigner, ne représentait pas même un angle droit. Le corps ainsi martyrisé souffrait – gauchement - dans la demi-obscurité. Et si la couronne d’épines recevait une maigre lumière diffusée par le vitrail en surplomb, toute la face du martyr criait dans le silence, à votre encontre.

Le visiteur, saisi alors d’une lourde empathie, sentait presque se mouvoir sa propre colonne vertébrale. Tel un serpent d’os, contraint par trop de muscles, écrasé de tant de chairs. Le temps de la visite était à la m Le temps de la visite était à la mesure de l’exiguïté du lieu. Bien sûr, le visiteur pouvait s’octroyer un long moment de prière, à l’abri de tout témoin vivant, seul face à la croix, seul face à sa foi, pure et sincère. Et si d’autres profitaient de la solennité du lieu pour s’asseoir parmi trois courtes rangées de chaises dépareillées, c’était peut-être pour s’y reposer d’une trop longue étape. Mais la plupart des curieux qui avaient franchi le seuil ne restaient plus de cinq minutes, tant la tristesse de la chapelle vous écrasait de désespoir. De ce lieu de prière, griffé de chagrin et de larmes, toute énergie s’était enfuie.

Alors, on retrouvait bien vite le dehors, l’air des champs, des vignes et des bois. Ravi de respirer de nouveau parmi la sainte, la puissante nature. Et elle entrait alors en vous par d’odorantes bouffées, après  une longue inspiration  qui vous gonflait de forces neuves. Toute une énergie bourdonnait alors à vos oreilles : chanson des ruisseaux, des arbres, écho des feuilles murmurantes. Eclairs de soleil traversant la ramure, zébrures d’oiseaux trouant l’azur.

Contraste saisissant entre une nature offerte, radieuse, explosive et l’intimité d’un lieu saint qui avait jeté sur nos deux personnes sa chape de plomb fondu.

Et dans ce panthéisme verdoyant aux mille variations colorées, parmi la fraîcheur printanière, Margareth et moi nous nous embrassâmes. Heureux de se retrouver en plein air. Puis, l’on s’assit tous deux dans l’herbe tendre, après avoir déplié une couverture de laine.

 

 

II

 

La chapelle des Sœurs de la Charité avait connu pourtant ses heures de gloire et d’affluence. On y était venu pour prier le Christ, ses apôtres mais aussi ses saints locaux : Le Père Clément, frère convers détaché de l’abbaye de Cîteaux et Saint Vincent, patron des vignerons, humbles forçats de la terre.

J’appris à Margareth que la statuette de Saint Vincent avait été dérobée à plusieurs reprises. Sculptée dans un bois d’aulne au départ, elle fut maintes fois remplacée, puis protégée derrière une grille, enfin scellée. Rien n’y fit. Les voleurs n’avaient aucune âme. La niche qui abritait la statue était toujours là, tel un vestige inutile, dent creuse qui n’avait plus d’attrait. Le renfoncement concave abritait désormais une colonie d’araignées attendant le moindre insecte échappé d’un bouquet, la plus petite mouche téméraire étant venue y sceller son destin, devancer la mort.

Le saint patron de la vigne, à l’origine sans doute espagnole, ainsi que ses copies multiples devaient trôner quelque part en d’autres pays, sur le bureau d’un bourgeois, dans un cabaret près des docks ou bien chez un quelconque recéleur, passant pour un noble antiquaire.

 

Margareth fut surprise d’apprendre que dans toute la Bourgogne, ce n’étaient pas moins de trois mille statuettes, effigies de plâtre, représentations peintes, modelées, tournées à la main qui avaient disparu. Le commerce de ce saint avait connu bien des avatars, bien des tribulations.

Saint Vincent protégeait la vigne des intempéries meurtrières pour les bourgeons, la fleur ou le raisin, Saint Vincent luttait contre les maladies, éloignait les charançons, le court noué, la pyrale. Il tuait sans barguigner les hannetons devenus adultes, localement appelés aussi cancoines, turcs, engraisse-poules, vers blancs, coteriaux et coterias, toutes ces larves nuisibles avant leur métamorphose. Saint Vincent éloignait des dangers aériens et souterrains, aidait les vers à mieux aérer la terre, tuait les cochenilles, les nuisibles, vous débarrassait du phylloxera, du mildiou, de la gale, de l’oïdium.

Le bon Saint Vincent se retrouvait, par la grâce de Dieu tailleur, ingénieur, laboureur, économe, régisseur, producteur, entrepreneur en management. Lui seul pouvait contribuer à commander dame nature. Selon le principe d’un philosophe anglais, on ne commandait à la Nature qu’en lui obéissant.

Le saint aux mille armes, aux mille et un talents menait des armées d’animaux souterrains pour venir en aide à des millions de ceps. Et ces centurions des ténèbres, ces vers que l’on croyait par leur vilaine forme mauvais voire suppôts de Satan, vous amélioraient le spectre racinaire de la vigne, la nature même de votre terrain, de votre climat ; ils creusaient et labouraient inlassablement des milliards de galeries souterraines. Sous trois étages invisibles, la faune épigée, endogée et anécique livrait un combat silencieux contre les bactéries, broyait et digérait le moindre déchet organique, réduisait en poussière de terre animalcules, débris végétaux, cadavres minuscules d’insectes, de larves, de cirons pour créer dans un merveilleux ballet nocturne ce miracle : un trésor né d’une alchimie contre les forces infernales  et qui donnait à la vigne son substrat vital : un éternel regain, qui était l’âme du raisin.

 

Margareth, ma compagne australienne, avait compris que Saint Vincent avait redonné aux bourgeons, fleurs et feuilles de la vigne un désir d’espérance que confirmait chaque printemps. Tant et si bien que les saisons déroulaient  l’une après l’autre le doux tapis roulant de la vie.

Malheureusement, cette peinture agreste, ce tableau idyllique propre à vous faire croire à tous les dieux du terroir, ne montrait que la face d’un âge d’or qui  n’existait que dans les rêves.

Le bon Saint Vincent, tout réel qu’il fût, ne pouvait pas toujours être au four et au moulin. Ce saint patron des vignerons doté de pouvoirs surnaturels avait aussi ses faiblesses, car  tout sujet est faillible - à part Dieu, s’il existe…

Les pouvoirs supranaturels du religieux né à Saragosse vers l’an de grâce trois cent quatre ne franchissaient pas toujours les Pyrénées pour venir lutter contre tous les fléaux de la viticulture, ces noirs Sarrasins, ces Maures pesteux qui avaient envahi les terres de Bourgogne. Saint Vincent, machine de guerre antiparasitaire, n’en pouvait mais contre les attaques foliaires de l’oïdium, ces ennemis ravageurs venus du diable-vauvert !  

On ne pouvait empêcher la pluie de tomber, des murs de pluies grasses qui tombaient sur la fragile fleur de la vigne. On ne pouvait pas toujours empêcher de nouveaux parasites qui faisaient leur nid sous le tendre feuillage, déposaient leurs œufs mortels, leurs larves cruelles – micro-bombes à retardement. Autant de grenades offensives qui fleurissaient en silence tandis que le brave vigneron dormait, abruti par de longues, éreintantes heures de labeur. Imaginez cet homme adulte, simple tâcheron ne possédant pas le moindre arpent de terre, cette femme ou leurs enfants, qui de l’aube au crépuscule maniaient le fessou, bouèchaient d’abord avec la mielle, taillaient la vigne et autres dures tâches. On avait beau appeler Saint Vincent, invoquer son doux nom, il n’était pas présent à cinq heures du matin, sur une ouvrée,  pour y donner le premier coup, puis assurer le fossoyage, suivi de la tierce ou du binage. La pioche à deux dents pour le premier coup vous cassait le dos ; puis votre fessou en manche de châtaignier pour  les autres  bouèchages ne vous rapportait qu’une menue monnaie. Et Saint Vincent n’était toujours pas là au crépuscule, derrière votre dos, pour soulager vos maux, ni essuyer la sueur coulant de votre front.

Son ombre, peut-être…qui vous répétait à l’envi : « Bouèche, mon gars, bouèche, si tu ne veux pas crever de faim ! » Et quand le fessou se retrouvait dégarni d’acier, il fallait bien le payer six sols quand il se retrouvait usé par la pierraille, tous ces cailloux et ce sol dur. Retourner la terre, l’ameublir et l’assouplir, et cela trois fois l’an avec un outil de fortune vous épuisait le plus solide des hommes.

 

 

A ces derniers mots, mon auditrice frissonna. Mais Margareth, d’un signe discret, m’encouragea à continuer ma narration.

 

 

III

 

 

« Et quand la pluie vous avait épargné, parfois c’était le gel qui vous assassinait ! Gerçures, engelures, crevasses, toux, quintes et fièvres s’emparaient de tout votre corps. Sol gelé, vigne givrée, rameaux tués. Sève absente, pas le moindre souffle vital. Puits et rivières prisonniers de la glace. Et encore les brouillards, le dégel, la gadoue, suivies de terribles chaleurs… Il fallait être fort pour vivre et résister.

Saint Vincent répondait quelquefois absent. On l’implorait, conjurait le sort ; la grêle affreuse s’abattait soudain, crevant le raisin, lacérant le feuillage, brisant le moindre sarment. Alors, laissant échapper sa colère, l’ouvrier prenait la statue de bois du saint, la jetait dans la Vouge ou la Bouzaise, à moins qu’il ne retournât la face du saint patron contre le mur de l’église durant la procession de janvier.

-        Où es-tu Saint Vincent, patron des vignerons ? Où donc es-tu passé, tandis que nous souffrons ?

Ce seul distique lâché dans la froidure hivernale ne trouvant pas d’écho, on s’en retournait tête basse au logis, trahi, floué par la vie. Une protection tant souhaitée, tant attendue n’était-elle qu’un leurre ? Etait-ce possible que sous le patronat du meilleur des saints protecteurs de la vigne, la défection de ce dernier soit envisageable ?

     - O bon saint Vincent pourquoi m’as-tu abandonné ? O Saint patron de la vigne, par Bacchus dieu du vin, pourquoi délaisses-tu tes humbles serviteurs ?

Et jamais de réponse à la question posée. Plus jamais de repos ni de cesse. Jamais, jamais.

J’appris alors  à la jeune journaliste qui m’accompagnait, que quand la trahison vous blesse, que vous vous retrouvez totalement démuni face aux injustices de la nature, une solution paraît alors la bienvenue : un remède bien plus efficace qu’un cautère sur une jambe de bois. Un remède à vous faire danser les sabots, tourner la tête et vous distraire : un pot de bon vin de chardonnay aux arômes fleuris, voire une pleine pinte de vin mordant d’aligoté,  à moins que ce ne soient quelques mesures de pinot beurot, ou de pinot franc rutilant. A la condition de les partager avec vos semblables, humbles travailleurs de la terre.

Par la grâce de cette  manne versée dans les verres,  toute injustice  et malheurs passés semblent peu à peu s’effacer. Le vin réparateur va ravir les gosiers, réchauffer les ventres, allumer les yeux. Et quelques gorgées plus tard, courbatures oubliées, rides envolées, fusent les rires. Les corps se mettent à vibrer, rassérénés par le miracle de cette liqueur vermeille qui se propage dans vos veines. La modeste ivresse partagée vous apaise l’esprit et l’âme - peut-être même sous le regard de saint Vincent - avant de vous endormir sur la table, tête dans les bras, pour quelques heures.

Il est encore possible que cette scène idéale ne soit qu’un effet de l’imagination. Au cabaret des princes, les gueux n’y ont place, c’est certain.

Une horrible piquette a pu vous être servie - boisson âcre, acide, amère. Les tâcherons qui produisent au bout de l’été par leurs incommensurables efforts le vin enchanteur n’ont que rarement le loisir d’y goûter. Peut-être y ont-ils trempé leurs lèvres, respiré les bien doux arômes, virtuels… Impénétrables sont les territoires de l’imaginaire, cette folle du logis qui vous saoule. 

 

Margareth, émue par mon récit, et toute attentive à ces histoires du passé, hochait de temps en temps la tête. Captivée, semblant boire mes paroles qu’elle enregistrait sur son petit magnétophone portatif, elle m’incita à poursuivre.

 Et si Monsieur le curé n’a pas le droit de faire la grimace en buvant devant ses ouailles le vin du bon Dieu, lui se permet, à la face de tous, tous les dimanches, de savourer une exquise liqueur, de préférence translucide, afin de ne pas tâcher son habit. Suave Montrachet, fringant Corton, Meursault enchanteur, Saint Aubin minéral. Tous ces vins blancs de chardonnay pour démontrer  - preuve à l’appui - aux humbles croyants rassemblés le dimanche, une possible idée du bon Dieu. Toutes ces richesses liquides afin de prouver – par démonstration in situ, la puissance divine. Et les pécheurs du dimanche de baisser la tête, tentés par le diable. Pour une simple gorgée de ce nectar, combien auraient été capables en pensée de tuer l’officiant, de lui faire rendre gorge, d’étrangler le représentant du bon Dieu…Sacrilège ! Par bonheur, Saint Vincent y pourvoyait.

Et Monsieur le Curé de lever vers le seigneur ses yeux clos, afin de mieux entrer en communication avec le divin. Instant sacré, un homme boit. Communication directe aux arômes de tilleul, de silex ou de pamplemousse. Aux effluves de rose, de beurre frais, de sauge ou de citrons mûrs. Aux accents enchanteurs d’immémoriales saveurs sorties tout droit d’un calice en or pur.

Heureux soient les buveurs à qui ces bienfaits sont accordés, car le royaume céleste leur est ouvert en permanence. A toute heure du jour ou de la nuit. 

 

Avec un tel récit, si sombre et subjectif, je me dis alors que Margareth allait avoir une vision bien noire de la Bourgogne. Aussi, je terminai là mon discours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 10:09

 

Sans un verre de vin à la main

Qui peut dire que la vie est belle ?

Avoir vécu sans Chambertin ?

Je ne connais sort plus cruel !

 

Sans un verre de vin à la main

Qui peut dire que la vie est belle ?

Tu n’es pas sûr de voir demain

Alors bois, heureux et rebelle !

 

Sans un verre de vin à tes lèvres

Ton corps va tôt se dessécher

Tu vas connaître bien des fièvres

De n’avoir pas bu c’est pécher !

 

Ton nez remue ton corps s’agite

Quand tu bois sans souci vraiment

Le vin frais est comme une invite

Chaque bouteille un talisman.

 

Tendre son verre et puis trinquer

Partager les regards complices

Chacun le fait sans rien manquer

Du temps présent  ô quel délices !

L’ivresse n’est pas chose impure

Si l’on sait tenir la boisson

Et chacun  mène sa monture

A chaque gorgée sa leçon.

 

Sans un verre de vin à la main

Attendez-vous à un enfer

Car qui n’a jamais bu de vin

Trouvera la vie bien amère.

 

Je vous le dis buvez sans cesse

Dégustez  prenez du plaisir

Et vivez donc dans l’allégresse

Du vin dont il faut se réjouir !

 

Sans un verre de vin à la main

Qui peut dire que la vie est belle ?

Avoir vécu sans Chambertin ?

Plus grave que mourir pucelle !

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:02

« Or, le vin de Bourgogne, qui donc oserait dire ce qu’il est ?...Tout ce qu’il est, tout ce qu’il nous dit, tout ce que livre son subtil arôme, tout ce dont témoignent sa mâche rude, sa chair ferme, ou sa sensuelle caresse… tout ce qu’il entreprend de raconter dès qu’il commence sa vie dionysiaque aux rumeurs bouillonnantes des cuves… tout ce qu’il achève de déclarer dans l’immobilité rituelle de l’ombre souterraine et des caves, tel le bel Adonis des Grecs, l’émanation vivante engendrée d’une terre où se sont accumulés les offrandes et les legs, la terre noble, la terre dont les veines patriciennes savent saigner au soleil !... »

Gaston Roupnel

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 16:59

« L’ivresse, comme la vigueur, est mère de la joie. Qu’est-ce que cela révèle ? Pourquoi l’ivresse n’engendre- t-elle pas la mélancolie ? Premièrement, parce que celle-ci émane du vrai & non du faux, et que l’ivresse permet d’oublier le vrai, et parce que la joie ne peut naître que de cet oubli. Deuxièmement, parce que les hommes à l’état de nature, c’est-à-dire connaissant une vigueur nettement supérieure à celle d’aujourd’hui, étaient faits pour être heureux, pour s’abandonner aux illusions, les voir & les sentir comme choses vives, physiques et présentes. » Giacomo LEOPARDI.

 

Qui abuse boira :

L’espoir fait l’ivre,

Et la bouteille devint.

Sylvain Goudemare

 

Le vingt et unième siècle sera spiritueux ou ne sera pas. Charles Bukoski.

 

Jean Mousin (1753-1645) né à Nancy, médecin

« Il n’y a plante en le giron de la terre qui soit plus noble en son fruit, ni plus fructueuse en ses vertus, ni plus vertueuse en ses effets admirables que la vigne ».

 

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 22:01

livres-en-vignes-011.jpgUne soirée inoubliable grâce à la sortie de mon roman "Cocktail cruel". La Bourgogne que j'ai découverte grâce à Brigitte est dans mon coeur pour toujours !

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 18:57

Paul Eluard

Extraits du « Dit de la force de l’amour », écrit en 1947 pour l’ouverture d’une émission de radio.

« Hommes, femmes (…) qui, perpétuellement, naissez à l’amour, avouez à haute voix ce que vous ressentez, criez « je t’aime » par-dessus toutes les souffrances qui vous sont infligées, contre toute pudeur, contre toute contrainte, contre toute malédiction, contre le dédain des brutes, contre le blâme des moralistes.

Criez-le même contre un cœur qui ne s’ouvre pas, contre un regard qui s’égare, contre un sein qui se refuse. Vous ne le regretterez pas, car vous n’avez d’autre occasion d’être sincère (…) Votre cri vous fera grand et il grandira les autres. Il vient de loin, il ira loin, il ne connaît pas de limites.


Parlez, les mots d’amour sont des caresses fécondantes. Les autres mots ne sont là que pour la commodité de la vie. Aimer, c’est l’unique raison de vivre. Et la raison de la raison, la raison du bonheur. Vous obtiendrez toujours grand enchantement d’aimer, et même de la souffrance d’amour.

Les plus grands des poètes ont affronté diversement, avec courage et avec faiblesse, les difficultés de la vie, mais leurs chants d’amour relèvent l’homme de son bourbier. »

 

 

 

Non pas le sommeil agité

Ni les balbutiements pâteux

Mais le rubis qui s’illumine

Sur la robe de la cuvé *

Quand je tiens entre mes deux doigts

Le pied du verre à déguster

Humer le bouquet et trouver

Un poème pour la saison

 

Et puis dans l’accompagnement

Des saveurs à multipler

Animer la conversation

Qui va découvrir des domaines

Où l’on n’osait s’aventurer

Et où les vignes du savoir

Proposent de nouvelles grappes

Pour les oiseaux et les amants.

 

* choix volontaire de l'auteur pour la graphie 

 

Michel Butor pour le poème 

 

 

 

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 18:15

Surnommée la "route des châteaux", la Départementale 2 traverse le vignoble du Médoc, en Gironde, sur 80 km et permet de découvrir de prestigieuses appellations. Première étape à Margaux qui compte 21 grands crus classés.
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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 18:14

Le châtiment

 

 

 

 Le sixième jour de la lune de Novembre, le peintre Janus Baum acheva sa toile ; ou plutôt la signa.

Geste, qui marquait - en effet - le signe d’un total achèvement, d’une finition certaine ; à moins que le lendemain, guidé par une nouvelle inspiration (due peut-être à un sommeil bienfaiteur), il ne se mette à ajouter, supprimer, déplacer une nervure, une racine, une feuille.

Il alla se coucher l’âme tranquille, le tableau recouvert d’un morceau de drap écru et offrant sa secrète richesse à la nuit.

Mais il n’y eut pas de lendemain...

L’artiste s’endormit les mains encore pleines de sensations colorées, de mouvements soyeux, à la poursuite de blancheurs dans l’espace. Ses doigts se mirent à agripper les draps, les chiffonnant, les torturant, draps rejetés hors du cadre, hors du texte, flottant autour du peintre dans un halo goguenard et éreintant, comme une œuvre inachevable. Puis le doux sommeil vint. La surface de la toile était calme, aucune caresse de pinceau ne venait plus effleurer l’espace désormais vierge.

Respiration nocturne, sommeil réparateur et silencieux.

 

Au matin, autour du tableau dissimulé sous son suaire, on put voir sur le sol des gouttes glauques et blanchâtres, comme des boules de gui, disposées (presque) en couronne, en ronde.

 

L’inspecteur Eiche qui examina le cadavre du peintre, sans rien lui trouver de remarquable, mises à part des particularités physiques qui n’apporteraient rien à une explication logique (sinon une débauche, voire un déluge de mots inutiles), l’inspecteur Eiche ne put dire, ni écrire dans son rapport ce que venaient faire ces boules, ces perles de gui au milieu de l’atelier de l’artiste assassiné.

On se moqua même de la gêne de l’inspecteur à tenter d’expliquer, de vouloir décrire l’indescriptible : douze boules de gui qui furent expertisées comme telles par un ethnobotaniste du CNRS ; elles provenaient, seraient... tombées, étaient i-i-issues du, du chêne gaulois immense peint sur la toile la veille du meurtre, comme si le peintre livrait là son secret : faire un tableau vivant !

Douze boules de gui, innommable pluie tombée de l’arbre, un chêne ! Absurde ! Loufoque ! Impensable ! Et pourtant...

 

Douze ans ont passé depuis et je les LES contemple là, assis dans l’atelier que j’ai racheté - sans rien savoir au départ de cette sombre histoire classée par la police.

Les boules sont là, agglutinées dans un bocal Le Parfait, baignant dans le formol. Cette pièce à conviction n’a convaincu personne et le journaliste qui me l’a remise depuis peu, pièce dérobée sans doute aux forces de la Loi (bien mal inspirées lors de cette affaire) m’a affirmé que le tableau appartenait désormais à un héritier de la famille Baum, parti depuis en Australie. Je tiens le bocal transparent comme si son contenu semblait être le mobile du crime. Les boules me fixent quand j’approche le récipient à hauteur de visage, surtout l’une d’elles qui grossit - ou plutôt me semble avoir grossi - depuis ce matin. Je la soupçonne... riche de réponses dans son opaque mutité. Je n’en jurerai pas, mais, au centre de sa rotondité lunaire, je distingue à travers mes pupilles étrécies sous l’effet d’une longue concentration... (Chut ! Nous y voilà ! ...) je vois deux petites lèvres blêmes qui s’écartent  diffi... difficilement. La perle de gui va prononcer ses pre... premières paroles. Je m’en souviens encore puisqu’elles - ces paroles - me font témoigner aujourd’hui, sous le serment, du trouble qui m’accable, et à la fois de la joie qui me conduit à révéler - dans mon journal intime - (ce miroir d’encre douteuse à bien des égards propices aux égarements de ses futurs lecteurs) - à révéler ces paroles issues d’une bouche improbable. Les onze autres blafards, dans un silence de mort, semblent dédaigner cette bavarde, et brisant pour mon malheur la loi du silence ; car, depuis l’affreuse envie qui me fouaille de vouloir expurger la vérité - quelle qu’elle soit - sur cette mort mystérieuse et violente, mon état de santé s’est brutalement aggravé. La preuve : j’écris couché, le bocal contre ma joue gauche, ma main droite alignant des lettres qui s’affolent comme si le temps allait me manquer - se dérober entre mes doigts fébriles.

 

Je me mets à rêver de la Forêt Noire, plume levée, forêt de sapins sans fleurs, sans gui et sans couronne. Pourquoi donc ces douze boules assemblées, cette ronde infernale ? Est-ce le bocal, ou, ma tête ? Le tourbillon des hypothèses me fait vaciller. Je n’aurai pas dû me redresser sur ma couche pour contempler la nuit de Novembre. Nous sommes la sixième nuit de Novembre ; il est quatre heures quarante exactement, et je ne connais toujours pas le nom de l’assassin.

Le message que m’avait confié la perle blanche (la plus grosse) consistait à exposer le bocal sur le balcon nord de l’atelier, cette nuit-là précisément. Je, j’essaie de me relever. Avec précaution, j’ouvre la fenêtre coulissante, poissant la vitre de ma main moite. Les pages de mon cahier intime, agitées par le flux d’air nocturne, se froissent dans une ultime colère. »

 

Une immense déflagration s’entendit à la ronde. Dix minutes plus tard, les ambulanciers, appelés par une voix anonyme, décrivirent à la presse, entre deux claquements de portière, le drame dont ils venaient d’être les tardifs témoins : « Un inconnu (sous fausse identité, d’après l’enquête diligente de la police) gisait sur le balcon, la tempe gauche horriblement lacérée par des éclats de verre. »

Le bocal aurait explosé, laissant comme seul indice une boule de gui qui obstruait l’oreille gauche du cadavre mutilé. Les caillots de sang sur la tempe conglomérèrent sous la lune jaunâtre et d’un coup, le ciel s’obscurcit, un nuage éteignit la lune, comme si le bras d’un druide invisible et vengeur venait à l’instant de faucher l’immense champ d’étoiles...

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 18:24

Raymond Cherreau ( 1905-1988)

                                           Un inventeur beaunois

 

 

I

 

Dès 1847, à Beaune, des constructeurs brevetés au service de la viticulture eurent l'idée de concevoir une machine capable d'effectuer le travail de plusieurs hommes nus en train de patauger dans la cuve durant plusieurs jours. Passionné par la technologie, Raymond Cherreau, inventeur beaunois descendant de cette famille de constructeurs, après des nuits de recherche, mit au point une technique ingénieuse aux alentours des années 1960 : il remplissait la cuve normalement de vendange foulée égrappée et laissait la fermentation se déclencher sous l'effet des levures contenues dans les peaux de raisin. Puis, il plongeait un impulseur* fabriqué par ses soins, dans la cuve et le mettait en marche une seule fois. Ensuite, le vigneron procédait à une chaptalisation aussi raisonnable que possible. A la fin de la fermentation, il faisait écouler le vin de la cuve. Le marc restait sur lattis et il était acheminé vers le pressoir, de préférence par un élévateur à godets spécialement conçu dans ce but. Ce marc était serré une seule fois, très lentement, par le pressoir, et le jus de presse était aussitôt mélangé avec le jus de la goutte.

 

Les lies, composées de bourbes de jus non fermentées et de résidus de fermentation étaient ensuite distillées séparément en eau de vie de vin (fine) :

 

Le jus de goutte, filtré à travers le marc à son écoulement, se clarifiait un mois plus tôt que s'il avait suivi le cours normal de la vinification, et était plus coloré.

La richesse en tanin du vin et l’intensité colorante se traduisaient par un enrichissement supérieur de trente à cinquante pour cent à celui d'une vendange-témoin traitée selon le processus de vinification habituel.

Cette nouvelle méthode de foulage par impulseur spécial rencontra un vif succès.

 

*Cette pompe est utilisée pour le pompage, le transfert de cuve à cuve, le soutirage, le remontage, la filtration, l'embouteillage de vins et alcools (lors des différentes étapes de leur fabrication). Les pompes à piston permettent en plus le pompage de la vendange égrappée. La forme excentrique du corps crée une augmentation du volume à l’aspiration de la pompe, créant ainsi un vide qui aspire le produit. Puis le produit est déplacé à travers le corps vers l’impulsion où une diminution du volume crée la surpression expulsant ainsi le liquide hors de la pompe dans la tuyauterie de refoulement.

 

 

 

 

 

Le but de la vinification en rouge est d’obtenir par macération une extraction aussi complète que possible des substances contenues dans les peux des raisins : matières colorantes et tanins, et leur diffusion dans le moût.

Or, paradoxalement, les peaux des raisins, après leur mise en cuve, ont tendance à se soustraire en partie à la macération, parce qu'elles remontent en surface sous la poussée du gaz carbonique et demeurent flottantes, dès que la fermentation est déclarée.

Cette accumulation de peaux sur la partie supérieure du moût porte le nom de « chapeau ». De ce fait, l’intervention du vinificateur s'avère nécessaire pour remédier à cet état de chose.

Les anciens, qui le savaient bien, ont trouvé pour seul recours le foulage aux pieds, ou pigeage, permettant de disloquer quotidiennement la formation du chapeau et le noyer dans la masse du liquide. Outre que cette tâche souvent jugée folklorique par des observateurs ignorant la réalité du travail du vigneron, était fastidieuse, elle présentait des dangers. Combien d'hommes sont morts asphyxiés après avoir percé de leurs pieds une poche de gaz carbonique dans une cuve !

 

 

Monsieur Cherreau inventa aussi des échangeurs de température, des égrappoirs-fouloirs-pompes, fabriqua des cuves pour la vinification et le stockage, des pressoirs. Mais une autre invention, en 1975, allait faire sa renommée dans tout le pays: un égrappoir-fouloir-pompe supprimant le pourri-sec à quatre-vingts pour cent.

Cette machine éraflait la vendange avant de la fouler, ce qui représentait un progrès par rapport au fouloir-égrappoir que les vignerons utilisaient jusqu'alors : l'invention de Raymond Cherreau pratiquait l’opération inverse. Mais si cette machine donnait de bons résultats avec la vendange blanche, elle posait deux problèmes pour la vendange rouge: en raison de l'écartement trop faible des cylindres, l’éraflage se faisait souvent trop rapidement et le foulage était trop fort. Quand la vendange était saine, l’éraflage se passait dans des conditions satisfaisantes, mais comme au moins une année sur deux, les raisins étaient atteints par la pourriture, il fallut remédier à ce handicap. Le foulage serré, extrayant le maximum de jus, restait contraire au désir de réduire la vitesse de fermentation, et partant, de limiter le risque d’élévation de la température du moût en cuve.

 

Monsieur Cherreau, en réduisant la vitesse de rotation de l’égrappoir et en réglant cette vitesse en fonction de l’état et aussi de la nature de la vendange, put limiter, sinon éviter l'apport de raisins altérés. Malgré la vigilance du vigneron, les vendangeurs négligent trop souvent d'éliminer la partie malade du raisin. Or le pourri sec constitue un danger lors de la cuvaison en raison des goûts anormaux et indélébiles qu’il communique aux vins rouges. Longtemps, les vignerons ne surent pas comment veiller à ne mettre en cuve qu'une vendange saine : l'égrappoir-fouloir de Raymond Cherreau arriva à point nommé. Par le moyen mécanique mis au point par l'inventeur beaunois, le raisin pourri sec ainsi qu'une partie des pellicules du raisin pourri frais étaient automatiquement éliminés du fait qu'ils restaient attachés à la rafle rejetée par l’égrappoir.

 

Nombre de vignerons de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune firent appel à ses services. Dans le Bordelais, on acheta aussi cette merveilleuse machine.

 

Certes, aujourd'hui, ce problème ne se pose plus dans les mêmes termes car les vignerons affectent plusieurs personnes au tri des raisins sur des tables spécialement destinées à l'élimination impitoyables de toutes les grains pourris, secs et humides, avant d'égrapper et de fouler.

 

 

II

 

 

Mais une autre nuit, la main de cet homme dessina et créa encore une nouvelle machine. Non pas au service de la vigne, mais de la pierre cette fois-ci. Son esprit d’inventeur le poussa à imaginer et réaliser une machine automatique pour le sciage et un super polissoir pour les pierres - en particulier le marbre et le granit. Il avait été le premier à créer les machines à scier la pierre, avec un fil hélicoïdal. Une innovation technologique reconnue jusqu’à Carrare en Italie, qui lui permit lors de congrès internationaux sur la pierre, de présenter son invention. Les carrières de Comblanchien et Corgoloin à quelques kilomètres de Beaune l'avaient inspiré et lui avaient permis de venir expérimenter les plans et les ébauches des machines polissoir et scies à fil.

 
Il fit breveter ses inventions dans toute l'Europe, et traduire ses documents techniques. Ainsi il gagna quelques prix, dont un au célèbre Salon International des Inventeurs à Bruxelles en 1962. Une médaille d’argent pour sa machine à surfacer les pierres.


Les professionnels de Bourgogne utilisèrent son matériel et, jusqu’en Bretagne, dans les carrières de granit, on se servit de ces machines à scier et à polir la pierre.

Ce qui incita Monsieur Cherreau, au cours de ses nombreux voyages en automobile, à prendre quelques jours de vacances estivales dans les Côtes du Nord, car le département s’appelait ainsi, avant de devenir les Côtes d’Armor en 1990. Il emmena donc régulièrement sa femme et ses deux enfants à Saint-Cast Le Guildo ainsi qu’à Perros-Guirec, où il rencontra nombre de propriétaires de carrières.

 

A Ploumanac’h, sur la commune de Perros-Guirec, il devint ami de Monsieur Yves Gad, carrier, à qui il confia dans les années 1955 son matériel pour travailler dans la carrière de La Clarté ; il tissa ainsi  de solides liens d’amitié avec la famille Gad. Ce fut aussi l’occasion de découvrir d’autres spécialistes de la pierre entre autres à l’Ile Grande, lieu plein de charme et lieu magique qu’il affectionnait particulièrement.

 

Grâce à cet homme de foi, de courage et de conviction, des centaines de vignerons et de carriers virent leur travail simplifié et amélioré. Nombre d’œnologues, d’amateurs de vins et de propriétaires de grands crus trempaient désormais leurs lèvres dans des vins plus sains, mieux élevés et plus concentrés. Bien sûr, il y eut d’autres progrès, d’autres machines, mais cette lignée de constructeurs brevetés au service des viticulteurs depuis 1847 s’achevait. Monsieur Cherreau en avait été l’un des meilleurs, et le dernier maillon.

 

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