Tordre la vérité lui faire cracher du sang
Celui de nos ancêtres ou celui des puissants.
Qui écrira la page, qui décrira le temps
Celui de la souffrance et de l’horreur des camps ?
Tordre la vérité, déchirer feuille à feuille
Le feuilleté d’histoires et la vie de chacun
Unis dans la misère, unis dans la colère
De n’être reconnus que pour de vils pantins,
Oubliés de l’Histoire, squelettes sans destin
Couchés et enterrés par tous leurs assassins.
Leur rendra-t-on hommage un jour à ces proscrits
Qui hurlent de souffrance et de tous ces non-dits ?
On aura beau écrire des romans des récits
Plonger dans la fiction ce réel augmenté
Ecrire en poésie essorer la syntaxe
Pour en produire un sens absurdabsolument
On aura beau transcrire la mémoire de leur souffle, ressusciter leur vie
Il restera toujours le deuil et la douleur
Survivre à leurs côtés pour unique demeure
Survivre malgré tout, pour unique labeur.
Au grand jamais ne plus avoir
à digérer notre passé,
Cette pesée de maux, écrasante à mourir ?
Impossible d’y croire il vaut mieux s’en nourrir
Pour bâtir l’avenir, pour bâtir l’avenir.