A quoi bon
Quand l’existence est détestable
Qu’on a du chagrin plein les yeux
Quand l’évidence est exécrable
Et qu’ça irait p’têt un peu mieux
Si ça vous grattait moins la gorge
Quand y’a plus d’feu au fond de la forge
Qu’on na plus le cœur à la fête
Ni rien pour s’égayer la tête
À quoi qu’ça sert à quoi qu’ça sert
De sourire et de semblant d’faire
De faire aller comm’ci comm’ça
De r’sasser et d’avouer tout bas
Bonjour Monsieur comment ça vit ?
Mes hommages à vos canaris !
Et vous Madame à votre porte
Enchanté de vous savoir morte !
A quoi bon larmer sur son sort
Se r’garder s’dire qu’on est encore
Un être humain une apparence
De quelqu’un d’bien
Qu’a pas eu d’chance
A quoi bon s’poser des questions
Y’a-t-il un sol une solution
Un exutoire un palliatif
Une raison d’vivr’ un vrai motif
Bonsoir Monsieur toujours en vie ?
Tordez l’cou à vos canaris !
Et vous Madame sur le seuil
Combien voulez-vous de cercueils ?
Même discours même oraison
Je vais me faire sauter la caisse
Même folie même détresse
Je vais m’faire sauter le caisson
Foutre le feu à ma paillasse
Mett’le feu à mon paillasson
Quand l’existence est détestable
Qu’on a du chagrin plein les yeux
Il est l’heure de quitter la table
Et d’s’envoyer aux septièmes cieux
***
" I hope it is no crime to laugh at all things – for I wish to know
what, after all, are the things but a show.” Lord Byron