« Le temps des vieilles pierres n’a que faire du temps
Le passé de la pierre n’appartient à personne
Encore moins au maçon qui lentement façonne
Murettes, bâtiments cathédrales fontaines
Pierres dissimulées sous les puits les arcades
Pierres de tous les temps hors de l’histoire humaine
Géographie sauvage tumulte de la terre
Ouragans de cailloux météorites folles
Cavernes souterrains gouffres sans fond lézardes
Océans de silex mers figées de granit
Contre lequel le sable lutte
Aidé par les grands vents
Roches éparpillées combattantes dressées
Corps à corps minéral schistes rasoirs et couperets
Batailles sourdes ou tumultueuses
Le magma tueur d’espoir inonde de sa lave
La gorge nue de la terre vive
Le temps des vieilles pierres n’est le temps de personne
Origine forgée en dur et contre tous
Seule l’eau souffle d’air circule se promène
S’immisce dans le roc et use peu à peu
L’éternel minéral dictateur des labours
Interdisant tout avenir et toute graine
ôtant par là-même à l’humain
Sa nourriture sa provende
L’eau souffle et source de lumière
A noyé sous ses flots, usé la peau des pierres
L’eau a lissé détruit effacé le caillou
La goutte magnifique s’est servie de la pierre
Pour lui prendre sa force et lui ravir sa vie
La danse de la pierre a pris corps dans le jour
Lavée pétrie roulée la roche a rendu l’âme
L’âme des pierres larmes de pierre
Pierres de larmes vers l’océan
Et le sel de la vie
A couru dans la mer »