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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 12:12

ÉCLATS D’ÂMES

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

Des choses à dire

Et à écrire

Des mots qui frappent

Des mots qui claquent

 

Faut juste avoir

De l’énergie

Y mettre tout son appétit

 

Faire du slam

C’est c’que j’réclame

Pas de tamtam

Ni de programme

 

Juste d’écrire ses envies

Son bon plaisir ou ses soucis

Avec des sons qui nous étonnent

Quelques voyelles et des consonnes

 

Prendre la parole en public

Au rythme de son crayon Bic

Et puis faire jaillir les syllabes

Sans un micro

C’est formidable

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

 

 

 

Yann Venner

Janvier 2018 pour les élèves de 4ième du Collège Gilles Gahinet ARRADON

 

…Et pas besoin d’être un stratège

Pour faire du slam au Collège…

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 13:19

ÉCLATS D’ÂMES

 

Faire du slam

C’est pas un drame

Faut juste avoir

Des éclats d’âmes

 

Des choses à dire

Et à écrire

Des mots qui frappent

Des mots qui claquent

 

Faut juste avoir

De l’énergie

Et puis se mettre

En appétit

 

Faire du slam

C’est c’que j’réclame

Pas de tamtam

Ni de programme

 

Juste d’écrire ses envies

Son bon plaisir ou ses soucis

Avec des sons qui nous étonnent

Quelques voyelles et des consonnes

 

Prendre la parole en public

Au rythme de son crayon Bic

Et puis faire jaillir les syllabes

Dans un micro

C’est formidable

 

 

 

 

 

Yann Venner

Janvier 2018 pour les élèves de 4ième du Collège Gilles Gahinet ARRADON

 

…Et pas besoin d’être un sratège

Pour faire du slam au Collège…

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:21

Terrorisme, terroriser : terme qui vient dans le dictionnaire consulté par Fanch Bugalez après terroir. Utilisation de la violence pour atteindre un but religieux, politique, idéologique.

Drôle de rencontre entre ces deux syntagmes, se dit le lecteur. « Faire suivre et assimiler - par ordre - le terroir et le terrorisme, y'a de quoi attraper des boutons, ainsi qu'une fièvre territoriale. Faudrait-il alors terroriser le terroir, ou bien, le terroir deviendrait-il lui même terrorisant ? L'abus de terroir ferait de nous des terroiristes ? Terme de vignerons intégristes, ou de buveurs puristes qui ne voudraient aucun mélange ?... « Ménage tes méninges, cher Fanch », me dirait La Brebis s'il était là. Je disais donc...Terroiriste... Non, zut, terroriste. Ah, voilà donc le problème : des cambrioleurs viseraient un but politique en me disant « Fuck Bugalez », pourquoi pas. Chacun s'amuse et chacun sa muse. Mais où vont-ils chercher tout ça ? Je ne vois pas des voleurs de cigarettes et d'alcool poursuivre un but politique, et pourtant... Le terrorisme est l'emploi de la terreur à des fins politiques, religieuses ou idéologiques.

En faisant le grand nettoyage avec Gwendoline et Eugène Cabioch, on a bien remarqué des traces de doigts sur les murs, dépôts de crottes de nez et de morve ici et là, odeur de peste brune, crachats. Drôle de façon de marquer son territoire... « Plutôt glauque tout ça, se dit Fanch » en claquant son dictionnaire avant de le reposer sur l'étagère près de l'ordinateur.

Il a beau rechercher des arguments en faveur de la piste « terroriste», il n'en trouve guère ; les moteurs de recherche sur Internet sont pourtant efficaces, mais se lancer à l'aveuglette dans cette jungle le lasse vite : trop de flou, d'occurrences, de corrélats, de... mystère.

Fanch est rentré de Lannion plutôt à cran, après sa visite chez l'assureur. Alors, se connecter à Internet avec les nerfs en pelote, vaut mieux pas... « Cavaler sur un clavier à m'en faire péter les neurones et pour attraper des ampoules aux doigts, un torticolis et tutti quanti, pas question ! »

- Qu'es-tu en train de nous baragouiner, mon beau marin ? l'interrompt Gwendoline.

- Il y a que les assurances de Lannion m'ont dit qu'elles avaient envoyé un des leurs chez nous et que...

- Il en sort justement ! Vous avez dû vous croiser sur la place de la mairie.

- Quoi ? Pas possible !

- Si, si ! Et crois-moi, c'est un drôle de zigoto le bonhomme ! Un vrai faux timide, plutôt retors et chafouin, bref, un indéchiffrable !

Gwendoline résume alors la situation calmement devant un Fanch qui hausse les sourcils, se gratte la joue, s'assoit puis se relève - perdu dans un tourbillon de mots qu'il ne comprend plus. L'homme semble en état de choc, a besoin d'un remontant ; cela tombe bien, il a une belle descente.

Face aux yeux hagards de son compagnon, Gwendoline prend les devants et lui sert un lambig bien tassé. En une seule lampée, voilà notre Fanch Bugalez qui, torse en arrière et yeux clos, vide son godet en un geste de survie.

- Merci, ma douce ! Moi, les émotions, c'est pas mon truc ! Le bar cambriolé, le réveil intempestif, le coïtus interruptus, voilà des traumatismes qui vous mettent un homme à terre. J'étais bien mieux sur la mer dans mon ancien métier, crois-moi !

- Ne remue pas le passé, mon doux Fanch ! Tu me fais peur ; ton cœur ne va pas tenir longtemps si tu prends les choses trop à...cœur, justement. Essaie de relativiser, de prendre du recul.

- J'ai essayé, pris sur moi, siffloté même sur la route du retour, mais là, je coince ! A retardement je sais, mais là, je bloque. Faudrait peut-être un deuxième verre...

- Très drôle ! Allons de l'avant et occupons-nous plutôt de contacter nos collègues buralistes qui ont aussi été cambriolés. La solidarité devrait exister...

 

Le menuisier et le vitrier sont passés. Des réparations ont lieu dans l'après-midi et l'on peut entendre dans le quartier du Café du loup rouge coups de marteau, bruits de scie sauteuse, divers crissements et instruments qui font du lieu tout un orchestre en total désaccord.

Quand La Brebis vient se désaltérer après sieste, et voyant Fanch agenouillé, marteau en main et clous en bouche, il ne peut s'empêcher d’ironiser - la main en porte-voix tant les bruits dominent :

- Eh ben, mon Karajan, t’es plus fort que l’orchestre de la philarmonique de Berlin !

- T’as raison Eugène, marre-toi ! Tu veux dire que c'est pire que l'orchestre de la fille à Monique de Berrien !

- La fille à qui ?

- … !?

Fanch n’est pas très fier de sa blague et rit plutôt jaune…

- Laisse tomber ! dit alors La Brebis. On s'entend plus causer ! Viens un peu dehors que je te dise ma théorie. Moi quand je fais la sieste, c'est là que mon cerveau est à marée haute.

- Sûrement ! ironise Fanch, dérangé dans son désir de finir de bricoler au plus vite. Cerveau à marée haute ? Plutôt échoué comme une méduse à la côte, oui vat !

- Te moque pas, écoute plutôt...

Et La Brebis de se lancer dans une longue tirade argumentée, dissertant à l'envi, choisissant ses mots, tandis que dans le ciel défilent de gros cumulonimbus - dodus comme des moines en goguette. Fanch suit des yeux leur course.

- Tu ne m'écoutes pas, à quoi tu penses ?

- A mon bateau, mon vieux Beg Hir qui me manque.

- Encore tourné vers ton passé ? Ta vieille mélancolie qui refait surface, je la connais trop ! C'est ça qui va te perdre Fanch ! Oublie...

  • Tu en as de bonnes, toi ! L'oubli, l'oubli, c'est pas sur commande ! On n'efface pas le passé d'un seul coup de chiffon comme on le fait sur un tableau. On n'efface pas le passé, on le porte en soi dans le toujours, a dit Aragon.
  • V'la que ça le reprend ! Toujours à philosopher comme un perdu !
  • Un perdu ? Tu traites Aragon de « perdu » ?
  • De quoi tu me parles, Fanch ? Arago, Aragon, ou Aramis, je vais pas te réciter le dictionnaire des noms propres pour faire mon intéressant, quand même ?
  • Non, tu as raison ! Mais mon bar saccagé, plus celui des trois autres collègues dans la région, ça fait plus que désordre ! Alors, de penser à mon bateau, ça panse un peu mes plaies...
  • Tes plaies, tes plaies ! C'est pas la mer qui va les adoucir, tes plaies ! Quant à ton bateau, rassure-toi, il est très bien entre les mains de notre ami Jobic Lanthoën. Je l'ai encore vu sur le port l'autre soir. Il est fier d'avoir racheté ton Beg Hir, et ne cesse de dire du bien de toi ! Que tu étais un vrai professionnel, aux petits soins pour ton bateau...
  • Aux petits soins c'est sûr ! Et maintenant, me voilà veuf de mon bistrot ! Plus envie d'aller de l'avant...
  • Ecoute Fanch ! Les coupables, on va bien finir par les arrêter. Et toi ton café, tu vas le retrouver comme neuf dans quelques jours, alors quoi ?
  • La mer me manque, tu comprends ça, toi le vieux libertaire ! Ma liberté ! Les flots bleus, gris ou noirs ! La mer, la mer, toujours la...
  • Chante, beau merle, chante ! Va embaucher pour pêcher la coquille St Jacques si tu veux, va bosser pour un autre bateau, mais ta femme, Gwendoline ? Tu y as pensé à ta douce et belle ? Tu la vois s'embarquer dans l'aventure, des soirées toute seule, derrière le bar, à longueur de journée, à attendre son marin d'eau douce ? Et tes enfants ?

Gwendoline interrompt l'entretien :

  • Fanch, tu as pensé à téléphoner au marchand de bière ? La pompe est saccagée et les fils électriques sectionnés...

Elle fait la moue, deux doigts occupés à relever une mèche de cheveux, salie par les travaux.

  • Non ! Je n'y ai pas pensé... Je ne pense plus ! Ras le bol de ce métier de sédentaire ! Je veux la mer ! Je veux voir la mer... La mer ! C'est clair ?

- Tout s'éclaire... Grâce à toi ! ironise Eugène. Bravo mon gars ! Voilà que ça te reprend. Faut te faire en urgence une piqûre, te mettre au repos ! Voilà la vérité : sous pentothal !

  • ... Ou pain complet, je crois, renchérit Gwendoline devant La Brebis.

 

Fanch, ignore la blague ; le regard tourné vers l’ailleurs.

Vers on ne sait quel océan de brumes.

Perdu comme un marin orphelin de la mer.

 

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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 09:16

 

  • « Tu es l'herbe sauvage d'un jardin oublié

mésange sautillant au milieu des pollens

Et sous les vents repus de conquêtes amères

végétale candide tu offres ta fraîcheur

 

Douceur d'herbe fragile en ce jardin secret

ta chlorophylle virevolte

parmi l'ache le thym

et le parfum des roses

 

Tu es l'herbe oubliée d'un jardin disparu

Loin des lois de la ville

Tel un asile neuf ce jardin nous abrite

émouvante aventure aux derniers jours de juin

 

Nous y sommes sculptures

vivantes végétales

couple transfiguré dans le chant inouï

des mésanges bleutées

 

Nous y sommes

joyeux architectes du lieu

sans cesse devançant le soleil ou son ombre

sans cesse regardant cette terre si belle

la caressant d'espoir

la fortifiant de nos sourires

lui faisant boire

de nos fécondes mains

des arcs en ciel d'histoire. »

 

 

 

 

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 18:36

...Le Ministère de la Santé ralluma aussi les feux endormis des campagnes anti-tabac en faisant grésiller des pastilles sonores et visuelles sur toutes les ondes. Une guerre se déclarait contre une autre guerre, mais sans aucune commune mesure. Autant le terrorisme fondamentaliste étendait ses nuages noirs, autant la réaction des gouvernements semblait dérisoire. Les coups de menton de certains ministres, les envolées lyriques contre une guerre de civilisations et le choc des cultures, augmentèrent le malaise des populations.

Qui allait bien pouvoir trouver et arrêter ces odieux coupables ? « Ces lâches qui s’en prennent à des innocents… Ces fous de Dieu qui ne respectent même pas leur religion… »

Imperial Brands et Imperial Tobacco - firmes pour lesquelles travaillait, en France, le privé Jean-Paul Delacrosse - firent, de nouveau, appel à ses services. Deux autres enquêteurs privés, des deux côtés de la Manche, furent encore recrutés par les compagnies d’assurance. Allaient-elles devoir verser des millions d’euros ou de livres d’indemnités ? Car bien des procès allaient s’ensuivre. Que de combats juridiques en perspective ! Il fallait anticiper, tout calculer, évaluer ; prévoir le pire.

Comparé aux quatre cambriolages quelques temps plus tôt, le fléau actuel qui s’abattait sur l’industrie de tabac était hors norme.

Même si les cigarettes empoisonnées n’avaient pas été fabriquées par les usines d’Imperial Brands, l’amalgame était fait ! Daesh empoisonnait d’innocents fumeurs, qui eux-mêmes, par certaines émanations de polonium et d’autres métaux lourds, dégagés par la fumée des cigarettes incriminées, intoxiquaient aussi leur entourage. Des bébés, des personnes de santé déjà fragiles furent atteints de vomissements, de diarrhées aigües, de tachycardie, de syncopes… La liste était trop longue pour énumérer ce catastrophique catalogue.

Même si ce tabac mortel était une contrefaçon avérée, vendue uniquement sur Internet, les vendeurs de tabac, cafetiers, buralistes, commerçants dans leur ensemble, furent accusés de propager un mal plus terrible que la peste.

Daesh et son laboratoire clandestin, Daesh et la propagation de son poison par ondes interposées avait réussi son OPA sur l’économie et les gouvernements. Les glissements de sens, allusions, métaphores, fleurs de langage, s’étalèrent à la Une des journaux. On allait jusqu’à comparer les anciens cavaliers de l’islam, montés sur leurs petits chevaux et déferlant sur l’Occident et le Maghreb, il y a moins d’une quinzaine de siècles, avec l’actuel clavier des ordinateurs, qui, à chaque touche, répandait le poison islamique fondamentaliste.

Clavier martelé aujourd’hui, et sol frappé jadis par les sabots des chevaux arabes – un raccourci sonore frappait désormais les esprits. Le diable habitait la Toile ! Chitan avait envahi les computers, alors que le Prophète Mohamed, parti on ne sait où sur son cheval blanc, avait disparu pour toujours des écrans.

 

« Courants religieux radicaux, États musulmans, élites intellectuelles et universités dans le monde arabe, médias tels Al Jazeera, la rue « islamiste » et l’émigration avec l’échec des politiques d’intégration, tous ces vecteurs ont contribué au développement de l’islamisme radical au sein des populations arabes.

Celles-ci étaient allées de mirage en mirage, de désillusion en désillusion, ni les politiques socialistes ou capitalistes mises en place par leurs gouvernement pour développer leur pays, ni l’émigration et l’intégration dans les pays riches et démocratiques ne leur ont apporté ce minimum : une vie décente et digne.

Par son côté systématique et révolutionnaire, par le recours aux enseignements les plus radicaux de l’islam, par sa dénonciation morale et politique de l’Occident, par ses promesses édéniques et son incessante exaltation du sacrifice et du martyre, l’islamisme avait de quoi séduire toutes les couches sociales, les pauvres et les riches, les intellectuels et les ignorants, les libéraux et les conservateurs, les bourgeois et les révolutionnaires. » Gouverner au nom d’Allah, construire un État Islamique en détruisant d’autres États, tel était le but suprême !

Islamisation et soif de pouvoir dans un certain monde arabe, telle était la nouvelle foi !

...A suivre

 

 

 

 

 

 

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 18:35

CHAPITRE III

 

 

 

Qui avait fomenté cet horrible projet ? Empoisonner des cigarettes – qui par elles-mêmes, mais dans une bien moindre mesure – « empoisonnaient » à petit feu les fumeurs !

On sait qu’allumer une cigarette entraîne la formation de benzène, de monoxyde de carbone, d'oxyde d'azote, d'acide cyanhydrique, d'ammoniac et de mercure ainsi que des métaux dont le plomb, le mercure et le chrome. Quand on fume une cigarette, les produits chimiques se mélangent et aboutissent à la formation d'un goudron collant. En outre la présence de polonium radioactif dans le tabac des cigarettes est connue depuis bien longtemps. Le Po 210 ne vient d'ailleurs pas de la plante mais des engrais phosphatés dont on arrose les cultures, fabriqués à partir de minerais (où il est souvent associé au radium). Si le polonium n'est pas souvent cité, c'est surtout parce qu'il n'est que l'un des quatre mille produits nocifs du tabac sans être, et de loin, le plus dangereux d'entre eux. Bienvenue dans le monde des fumeurs qui voient leur plaisir ainsi gâché, devant tant de toxicité.

 

Qui avait donc fomenté cet horrible projet ?

 

Seul un laboratoire clandestin armé de technologie et de matériel très sophistiqués pouvait élaborer ce genre de produits. Mais comment remonter cette piste ?

Qui était visé en premier ? Les fumeurs, bien sûr, mais aussi l’industrie du tabac ; et surtout en Europe « Imperial Brands », aujourd’hui appelé « Imperial Tobacco » ; l’un des cinq grands groupes de tabac internationaux et le principal fabricant de tabac au Royaume-Uni. Imaginez cinq cents milliards de cigarettes fabriquées par cette société géante et fumées en une seule année ! Imaginez quatre autres groupes encore plus puissants, fabriquant et vendant de par le monde d’autres milliers de milliards de cigarettes, cigares et autres paquets de tabac, papiers, filtres, cigarettes électroniques ! Des colonnes de fumée en permanence, produites par plus de trois cents usines de fabrication de cigarettes de part le monde, envahissant l’univers. Des chiffres à… couper le souffle aurait dit Eugène Cabioch, s’il avait appris cela. « Sans compter le nombre de ces maudites cheminées d’usines de fabrication, en plus ! Si y’en a qu’ça n’empêche pas de respirer, qu’i m’le disent en face…»

A qui profitait le crime, les crimes ?

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 11:05

CHAPITRE I

 

 

 

Le réveil sonne à sept heures pile pour Fanch Bugalez qui a mal dormi. Blotti contre Gwendoline, il ne cesse de presser son corps contre elle. Bougeant, remuant, l'homme entoure de ses bras le cou et les hanches de sa bien-aimée. Qui finit par réagir :

- Quand tu auras fini de me réveiller, préviens-moi !

Et voilà notre Fanch Bugalez tout décontenancé. Lui si sensible, nerveux et agité depuis qu'il a repris « Le Café du Loup Rouge » avec sa compagne, n'ose soudain plus bouger. Ni respirer. Plusieurs anges passent, un goéland s'esclaffe sur la toiture au-dessus d'eux.

- Tu respires ou tu es mort, l'interroge Gwendoline?

Deuxième coup de semonce, bien que prononcé avec une pointe d'humour. La première injonction a aussi été formulée sur le ton de la plaisanterie, mais Fanch, obsédé par sa propre nervosité, n'en avait pas saisi la nuance.

- Gwendoline, je sens que je bande.

- Tu le sens, d'abord ? Ou tu bandes, après ? A moins que tu ne fasses les deux en même temps ! Car si c'est une érection avant miction, dis-toi que c'est mission impossible...

Et la femme éclate de rire, bien réveillée cette fois-ci.

Fanch, plutôt vexé mais beau joueur, allume la lampe de chevet, se lève d'un bond, et va assouvir un besoin naturel en vidant sa vessie tourmentée. Puis retourne au lit, une idée derrière la tête. A peine est-il allongé que le téléphone sonne.

- Et voilà ma chance ! Moi qui voulais te faire un troisième enfant, peine perdue...

- Allô, oui, qui est-ce ? Vous avez vu l'heure ?

Haussant les épaules, Gwendoline pouffe en silence, puis ébouriffe sa longue chevelure brune, poitrine en avant, superbe et provocante. De quoi décontenancer le pauvre Fanch.

- C'est Félix, Félix Stereden, le tombeur de ces dames...

- … Et la catastrophe de Trébeurden !

- Ne te moque pas Fanch ! Ton bar a été cambriolé cette nuit. La devanture est brisée, la poignée d'entrée tordue, et la porte du bar a bien souffert. On dirait un crash à la voiture-bélier !

- C'est une blague ou quoi... T'es encore bourré Félix ?

- Non, je te dis ! A jeun je suis, et déjà sur la piste des cambrioleurs. Ils ont laissé un mot sur le comptoir, car je me suis permis d'entrer.

- Un mot ? Mais quel mot ?

- « FUCK BUGALEZ » !

Félix a prononcé fuque. Ce qui met Fanch dans un embarras immédiat.

- Fuque, ça veut dire quoi, à ton avis ?

- « Va te faire enc... » ! Désolé d'être grossier Fanch !

- Ah, tu veux dire feuque ?

- Oui, si tu veux... Et tout le tabac a été volé ! Plus un paquet de cigarettes sur tes rayons !

Un silence.

- La fumée ne va pas les empêcher de tousser, c'est certain !

- Et c'est tout ce que tu trouves à dire, Fanch ?

- Oui ! Je suis estomaqué, sonné, glacé, douché à sec, mal réveillé ! C'est tout ! Attends-moi devant le bar ! J'arrive dans cinq minutes. Merci quand même ! »

 

Félix a raccroché, dépité.

« C'est comme ça qu'on me remercie ! Y'a plus d'saisons dans cette année, plus d'respect pour un adjudant-chef à la retraite... »

 

Le Félix qui vit désormais à Perros-Guirec, trouvant plus chic d'habiter cette station balnéaire très connue, fait les cent pas devant le « Café du loup rouge ». Le retraité retrouve ses bas instincts de limier, son flair à la dérive.

- Encore un coup des écologisses qui croivent que, pour avoir la santé, c'est de voler le poison des autres. Si le cancer du tabac ne m'a jamais effrayé, c'est pas des voleurs à la manque qui vont sauver la Sécu en détruisant les stocks de cigarette en France. C'est devenu une mode ces vols ! Le terrorisme vert ! Va falloir sévir contre Europé Kologie ! Tous ces écolos qui s’imaginent supérieurs au commun des immortels, avec leurs études en vert ! Moi, je sais très bien qu'une carotte, ça pousse pas dans un frigogidaire. De même qu'un poisson pané, c'est pas non plus au congélateur qu'il a grandi ! Ces verts bobos nous font des débats sur l'agro, sur l'agglo, les vélos ! Mais jamais sur les négros, les clodos, les homos ! C'est du bourrelage de crâne qu'ils nous labourent la tête avec ! Tout ça va faire de nos gosses des verts de gris ! »

Ces élucubrations extradivagantes noient le cerveau du pauvre Félix jusqu'à nous en donner le tournis...

Heureusement, un homme d'action arrive, et quel homme ! Fanch sort de sa vieille Mercedes break au petit trot, le sourcil bas, la joue pas rasée.

- « Merci camarade Stereden ! On voit que tu restes un bon chien de la République !

- Ne commence pas avec tes réflexes de petit libertaire. Occupe-toi plutôt de ta boutique.

Ping-pong verbal habituel entre deux frères ennemis qui se connaissent depuis des lustres. Fanch photographie d'abord les lieux. Au sens propre et figuré. Il a sorti un téléphone portable dernière génération qui estomaque son vis à vis.

- Eh ben mon colon, te voilà équipé à la mode bobo !

- Bobo ou pas, je flashe à tout va. La scène de crime, toi tu connais ! Et pour aller plus vite avec les assurances, je prends les devants.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 20:17

Nachwort der Übersetzerin

Obwohl ich seit über 30 Jahren im «Nachdichten» verschiedenster Texte geübt bin, wäre es eine glatte Lüge, zu behaupten, dass mir die Übersetzung dieses Romans leichtfiel. Im Gegenteil: Yann Venners reichhaltiger Wortschatz, sein unerschöpflicher Vorrat an Bildern, Wortspielen, Redewendungen, Reimen, wie auch seine Fähigkeit, die jeweilige Ausdrucksweise der Akteure mit deren Verankerung in ganz verschiedenen Gesellschaftsschichten in Einklang zu bringen, verursachte bisweilen nicht nur Kopfzerbrechen, sondern ein richtiges Kopfzermartern: Wie sagt man das auf Deutsch?

Hier geschmeidige Geschäftsleute, die aber auch die Gaunersprache beherrschen, dort gegerbte Fischer mit teils vulgärer, teils überaus poetischer Sprache … Einige Wortspiele, die sich reimen, musste ich schlichtweg auslassen, weil sie auf Deutsch – ohne Reim – ihren Reiz verlieren und somit sinnlos würden. Trotzdem ist es mir hoffentlich gelungen, die Vielschichtigkeit dieses lehrreichen, aber durchaus nicht schulmeisterhaft belehrenden Ökokrims zu vermitteln:

An der Oberfläche handelt es sich um drei fiktive Mordfälle, wie es sich für einen spannenden Krimi gehört. In der Tiefenschicht aber geht es um Wirtschaftsverbrechen, die sehr wohl in der Realität verankert sind. Es gibt sie ja wirklich, diese mächtigen, internationalen Gesellschaften wie z. B.CAN und Shell, die nach Sand hungern und sich diesen industriell verwertbaren Sand auf illegale Weise aneignen. Von umweltzerstörerischem Sandraub sind viele Küstenstriche in Frankreich, die Beneluxländer, Australien, vielleicht auch Dänemark und die Kanarischen Inseln betroffen.

Auch die Existenz zahlreicher Bürgerinitiativen, darunter „Die Dünenritter im Trégor“, die sich gegen die Zerstörung ihrer Lebensgrundlage zur Wehr setzen, ist eine historische Tatsache. - In deutschen Medien werden diese Tatbestände kaum erwähnt, es gibt anderen, sensationellen Stoff, der mehr Aufmerksamkeit erregt. Aber für deutsche Touristen in der Bretagne dürfte dieser Ökokrim das Tüpfelchen auf dem „i“ sein… (Und falls Sie sich für Jörg Bongs alias Jean Luc Bannalecs Bretagne-Krimis begeistern, dann vergleichen Sie mal die „Bretonische Brandung“ mit Yann Venners „Dünenrittern“, einschließlich der Herausgabedaten … - Fällt ihnen da was auf?)

Jedenfalls: kein Bammel vor Ökokrimis - und viel Spaß beim Lesen!

Lou Le Douff alias Lo Deufel, Oslo, April 2017

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 20:28

Le chant du peuple des dunes

La ronde en colère (chanson)

Refrain

C’est le chant du « Peuple des Dunes »

Ancré dans la baie de Lannion ;

Jour de colère nous proclamons

Notre sable est notre fortune.

1 Au fond de la baie de Lannion

Vivent des poissons par millions,

Qui sur le sable coquillier

Font la nique au groupe Roullier.

R

2 Il a fallu des millénaires

Pour faire le sable coquillier.

Pour saccager le fond d’la mer

Il suffit de quelques journées.

R

3 Que s’rait la terre de nos enfants

Si nous laissions faire aujourd’hui ?

Que pens’raient-ils de leurs parents

Si l’paysage était détruit ?

R

4 Les alevins et les lançons

Nag’nt sur la dune sous-marine,

Et ils composent des chansons

Contre le vol et la rapine.

R

5 Protégeons la faune et la flore

Contre les marchands de la mort,

Qui sont venus voler du sable

En pleine nuit c’est impensable.

R

6 Tous nos élus doivent lutter

Contre ce pillage insensé.

« Peuple des Dunes » restons unis

Contre la Can et ses profits.

R C’est le chant du « Peuple des Dunes »

Ancré dans la baie de Lannion

Jour de colère nous proclamons

Notre sable est notre fortune.

Béatrice Raffier et Yann Venner sur la musique d’Alain Renon,

sablecitoyen@gmail.com

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 18:47

Vigie lente

à Odile Guérin

Molène, île de sable, de loess et de rochers,

vieille île au beau granit usé par les tempêtes ;

sentinelle avancée devant nos yeux rêveurs.

Tu nous fait voyager dans le temps dans l'espace,

territoire inviolé, perle unique en Trégor.

Molène est un trésor, un rêve d'enfant sage

qui contemple de loin ce bout de paysage,

horizon dessiné au bout de nos regards ;

île proche et lointaine pour l'enfant qui s'égare

dans la contemplation de cette ultime plage

de sable fin de quartz de galets les plus rares.

Molène, île déserte, mais pas pour les oiseaux,

les fous, les cormorans, les phoques alentours,

les guillemots plongeurs et les huitriers pies.

Fleurs et plantes marines s' égayent, se propagent

offrant aux animaux tout un petit théâtre

de verdure et de dune où chacun se rassemble

pour y jouer la pièce toujours recommencée

pour y danser la vie toujours renouvelée

dialogue musique biodiversité ;

de quoi nourrir l'oreille et la vue d'un public

invisible et discret en cet unique lieu

magie de la nature et la mer tout autour

orchestre de velours ou tempête et tambour.

Molène, île de sable, de loess et de rochers,

vieille île au beau granit usé par les tempêtes ;

sentinelle avancée devant nos yeux rêveurs.

Tu nous fait voyager dans le temps dans l'espace,

territoire inviolé, perle unique en Trégor.

Yann Venner

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Présentation

  • : Le blog littéraire de Yann Venner
  • : poèmes publiés en recueils de l'auteur, ses romans noirs & cocasses, articles divers autour du polar, des littératures du Maghreb...
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