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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:35

Nu

Nu

Dégrafe tes bijoux et pose

Ta main sur ton sexe de rose

Libérée de toute parure

Tu déroules ta chevelure

Entends-tu Baudelaire gémir

Son fantôme aime les caresses

Allongée comme une hétaïre

Ta jouissance est une promesse

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:18

La leçon de peinture

Immobile et figé comme une image sainte

Le paysage est là posé comme une empreinte

Pas un bruit pas un pas

Ne trouble cet instant

Le peintre à sa palette choisit des touches d’or

Pour signifier le ciel l’en-haut le firmament

Il prend un peu d’argent

Pour le rendre aux étoiles

Puis du blanc pour la nuit

Car la nuit est laiteuse

L’air moite et Bételgeuse

Fixe d’un œil moqueur

Cet homoncule artiste

Ce faiseur ce copieur de nature encadrée

Qu’il ira vendre un jour

Aux amateurs glacés

Sur un simple tableau

Une petite toile

Un morceau de pays géométristemort

Ira fleurir musées salons faire décor

Le peintre achève alors

Son obscure besogne

Assis debout râlant il pille sans vergogne…

Et la nature s’endort souillée sous son étreinte

Demain au petit jour elle ira porter plainte

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:14

Les bœufs

A Guillaume Apollinaire

Oh les bœufs malheureux

Comme ils sont ridicules

Oh les bœufs malheureux

Comme ils vont deux par deux

Oh les bœufs malheureux

Privés de testicules

Qu’un paysan cagneux

Coupa au crépuscule.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:13

Les mots

Les mots me rongent et me démangent

Les mots me mangent dans mes songes.

Les bons démons qui me dérangent

Rongent mes os rongent mes mots.

Je suis aux anges quand il pleut

Et dans la fange quand je veux

Roulé roulant dans la gadoue

Dépliant mon tapis de boue

La joie inondant mon abri

Petit paradis pour la nuit

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:11

Barques

Barques demi-barriques

Sur un fleuve de vin

Coquilles traversées

De rames en colère

De drames en galères

Où sont donc vos richesses

Petits bouchons mouillés

Barques transfigurées ?

Coquilles ballottées,

Est-ce une quête est-ce

Une odyssée d’ici

Un pas vers l’au-delà

Sur la mer sans merci ?

La barque balbutiante se verse et se reverse

Une pinte de bon vent d’ivresse renversante

La barque interloquée

Se renverse et se verse

Une pinte de bon vin d’ivresse renversée

Barque demi-barrique

Sur un fleuve de vin

Ô barque enchanteresse

Transporte ton prochain

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:02

Courbure marine

Ta bouche est un navire

De laine qui m’habille

Chaque baiser de toi

Un vêtement de chair

Et dans ta chevelure

J’ai trouvé une mer

Où plonger à loisir

Mes doigts pris de vertige

Sur ton corps et ta chair

J’ai abordé enfin

Caressé ta peau mate

Vibrante de frissons

J’ai longtemps navigué

Sur ta courbure marine

Longtemps pour embrasser

Ta courbure marine

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 19:00

À peine défunt qu’enterré

Le poète est bien entouré

De nouveaux vers l’attendent encore

Jamais de repos même mort

Vous vers de terre assermentés

Clercs de nos terres fertilisez

L’espace géomaîtrisez

Sans pied sans pouce et sans regret

Dans l’ombre vous recomposez

Les poètes démantelés

La terre est toute retournée

Elle a ses vers qui la travaillent

Dessus dessous fertilisée

Après les moissons les semailles

Elle est prise de tous côtés

Foulée au pied par le bétail

Et picorée par la volaille

Elle partirait bien en congés

Mais où voulez-vous qu’elle s’en aille

Malgré cette idée qui l’assaille

La terre est toute retournée

À force de livrer bataille

La terre est toute retournée

Par ce congé

Qui la tenaille

Voyager contre

Tout contre toi

Pour la rencontre

Toi avec moi

Privés de toit

Que nous importe

L’horizon est une autre porte

Soleil, transporte notre barque

Sur la mer

De rayons en arcs.

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:05

1953

L’année où il naquit moururent Dylan Thomas

Galczinski, les poètes, et Staline la brute

A chacun son Histoire, à l’alter à l’ego

Le trois mai de l’année cinquante-trois il fut là

Ocytocyne aussitôt fait il bondit hors de l’utérus

Et arrosa d’un jet impur

Sœur Angèle ou Sœur engelure

Entré en force dans la vie

Il cria qu’il était bien là

Et pour longtemps c’est pour cela

Qu’il gueula fort qu’il gueula rouge

Puis s’endormit pour un instant

Paupière en berne sur le monde

Prima Dona sa mère sourit ultima necat est très loin

Il lui reste à vivre des ans

Des nomanslandeux de néant

Pariétales ou rupestres

Ses veines se gonflaient

De vie bleue rouge et chaude

Doux crâne ténébreux

Fontanili ses sources

Coque calcairoïde

Au bregma palpitant

Il dormait poings serrés

Dans un grand tourbillon

Après des études bâclées

À rabâcher Mea Culpa

Méat maximus bats ta coulpe

Et fluctuat nec vergitur

Le sexe débordant d’amour

Alla frapper chez sa voisine

Une fourmi de dix-huit mètres

Sur gages sommier et mesure

Il emprunta le doux chemin

Qui mène à l’extase finale

Le taureau honteux et confus s’en retourna dans ses pénates

Prit son style haut

Et pour toujours épousa la littératoure

A vingt ans indocile flamme

Il échoua lamentablement

Prenant Jenner pour un All’mand

Il fallut redoubler d’efforts

Et gagner sa vie prestement

« Hardi ! dit-il soyons sportif reconnaissons le bien fondé

Du grand air et du vent du nord

Courons souvent courons encore ! »

Il courut par Mons et par Vaux le vicomte ne le vit plus

On le croyait mort pour deux bonds.

Sans donner aucune nouvelle

Il publia une kyrielle

De chevauchées de radadas

De poèmes pour maternelle

Juste bons à garder pour soi.

Il épousa dans la tourmente

Une femme au hasard des lois

Tomba en panne d’écriture

Puis enseigna comme il se doit

Fornicateur assermenté

Buveur à ses heures d’allégresse

Il prit du ventre et de la fesse

L’amour est un bien dur métier.

Puis reprit du poil d’écriture

De la bête littérature

Dévora romans et poèmes

Délira pleura à ses heures

Qui n’étaient plus celles des autres

Accaparé par ses enfants

Il vécut de tendres moments

Raconta l’Histoire à ses filles

Tourna la crème à la vanille

Vous savez ce que vous savez

Voilà sa vie en quelque sorte

Chacun peut le voir à sa porte

Il a le sourire

Et la clé

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:04

Schibboleth et boustrophédon

Bab el Oued et Armageddon

Clairement nous articulons

Et forgeons notre alphabéton

Schibboleth et boustrophédon

Bab el Oued et Armageddon

Clairement nous articulons

Et forgeons notre alphabéton

Schibboleth et boustrophédon

Bab el Oued et Armageddon

Clairement nous articulons

Et forgeons notre alphabéton

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:01

Silence

Silence veiné de marbre

Aux arguties trompeuses

Ton ombre est indice

Au cimetière laissé

Ta gorge amère saigne

Aux quatre vents aux quatre veines

Et l’écho vide de ton nom

S’égrène

Coquille écrasée sous mes pas

Fragments de vie débris de rêve

Mensonges enfouis qui bourdonnent

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  • : Le blog littéraire de Yann Venner
  • : poèmes publiés en recueils de l'auteur, ses romans noirs & cocasses, articles divers autour du polar, des littératures du Maghreb...
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