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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 20:48

Yann Venner

 

 

Les Éditions de Trozoul Chemins d’Écritures

 

 

 

 

9 782954 484211

 

 

UNE ÉTOILE EST MORTE

 

 

 

UNE ÉTOILE EST MORTE

 

 

 

Algerian Blues, roman mémoire

 

 

Second volet de la trilogie Black Trélouzic, ce court

 

roman met en scène l’Algérie et la Bretagne. Entre crimes

 

et guerre, actualité et mémoire des années 1954-1962,

 

l’auteur s’attelle à une écriture oscillant entre poétique et

 

politique.

 

Le cadavre d’une jeune algérienne dans le port de

 

Trélouzic va déclencher une course poursuite où

 

 

l’Histoire sera rattrapée par la mémoire. Résurgence de

 

l’OAS, hommage aux soldats bretons et aux combattants

 

algériens, « Une étoile est morte » évite deux écueils : une

 

Histoire qui tue la mémoire et une Mémoire qui oublie

 

l’Histoire.

 

Le lecteur se retrouve dans une Bretagne des terroirs

 

et des comptoirs, bien éloignée de la carte postale

 

touristique. Dialogues incisifs, poésie des embruns,

 

écriture drôle et cruelle à la fois.

 

 

 

 

 

Prix : 10

 

Les Éditions de Trozoul Chemins d’Écritures

 

UNE ÉTOILE EST MORTE 􀀼􀁄􀁑􀁑􀀃􀀃􀀹􀁈􀁑􀁑􀁈􀁕

 

 

 

Algerian Blues

 

Roman

 

 

 

 

 

 

-

 

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 20:45

Blackboard Blues

 

 

roman salin

 

 

 

Yann Venner

 

 

 

Les Éditions de Trozoul Chemins d’Écritures

 

 

 

LE BAISER DE LA MER

 

 

 

LE BAISER DE LA MER

 

 

 

Blackboard Blues, roman salin

 

 

Troisième volet de la trilogie BLACK

 

TRÉLOUZIC, ce roman noir et cocasse se déroule

 

 

en grande partie sur la mer : la Manche, à la fois

 

dangereuse et si attirante ! Cette histoire, sombre

 

comme les profondeurs marines, nous parle de

 

 

vengeance. Pourquoi le directeur d’école a-t-il

 

 

disparu le jour de la rentrée scolaire ? Pourquoi tout

 

le village de Trélouzic est-il en émoi ? Retrouvons

 

nos héros habituels, Félix Stereden, Fanch Bugalez

 

et Eugène Cabioch.

 

Le lecteur se retrouve dans une Bretagne des

 

terroirs et des comptoirs, bien éloignée de la carte

 

postale touristique. Dialogues incisifs, poésie des

 

embruns, écriture drôle et cruelle à la fois.

 

 

 

 

 

 

 

Les Éditions de Trozoul Chemins d’Écritures

 

LE BAISER DE LA MER 􀀼􀁄􀁑􀁑􀀃􀀃􀀹􀁈􀁑􀁑􀁈􀁕

9 782954 484228

 

 

 

 

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 20:31

PatatèsBlues, roman primeur

 

Zone de Texte: Yann VennerCeroman noir  et cocassese  passe en Bretagne, dans  un village imaginaire du Trégor :  Trélouzic,  proche de la baie de Lannion. Y viventun marin pêcheur,Fanch Bugalez et son ami de toujours, Eugène Cabioch, dit La Brebis. Ces deux héros libertaires mènentl’enquête à la place des gendarmes, quand il arrive à ces derniersde se fourvoyer ou de consommer un peu trop…

Ce premiervolet de la trilogie BLACK TRÉLOUZIC, nous présente Marcel Québir,un habitant du village. Devenu livreur de journauxsuite à un licenciement, rongé par la vengeance et la morgue, l’homme sombre peu à peu dans la folie meurtrière. Comment le villageva-t-il réagir ? Sera-t-il possibleà Marcel d’échapper à la justicedes hommes ?

Zone de Texte: MARCELLe lecteur se retrouve dans une Bretagne des terroirset des comptoirs,bien éloignée de la cartepostale  touristique. Dialoguesincisifs, poésie des embruns, écrituredrôle et cruelleà la fois.

 

YANN VENNER,né à Saint-Brieuc en 1953, a publié de nombreux recueilsde poésies, ainsi que des romans se rapprochant du polar.Ancien instituteur, amateurde jongleries verbales et  de bons vins, l’énergumène  connaît bien  les Côtes d’Armor et particulièrement la région du Trégor.

 

Prix : 12 €

 

Les Éditionsde Trozoul      Chemins  d’Écritures

 

 

9 782954 484204                   


MARCEL

Patatès Blues

 

 

 

 

 

 

roman primeur

 

 

 

 

 

Yann Venner

 

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 14:34

Yann VENNER

16 rue de TROZOUL

22560 TREBEURDEN

 

 

0631069020

venneryann@orange.fr

 

NOUVEAUTE de l'auteur :

réédition de "BLACK TRELOUZIC" (2006) (éditions Horizona & Co) roman trilogie, qui était en seul volume , préfacé par Driss CHRAÏBI

en 3 volumes séparés. "Editions de TROZOUL, Chemins d'Ecritures"

 

 

3 romans policiers en Bretagne dans un village imaginaire du Trégor : Trélouzic, avec ses marins-pêcheurs libertaires, ses flics alcooliques et quelques meurtres pour égayer le tout ! Loin de la carte postale, des scènes de bistrot, blagues de comptoir, qui alternent avec une écriture littéraire, un style coup de poing entre poésie et cocasserie !

Juin 2013.

Les trois titres : "MARCEL" roman primeur

"UNE ETOILE EST MORTE" roman mémoire

"LE BAISER DE LA MER" roman salin

préfacés par DRISS CHRAÏBI

 

la trilogie Trélouzic enfin en librairie ! dès Juillet 2013

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 14:29

Festival du livre en Bretagne

Carhaix 26-27 octobre 2013

Sous le signe de l’Europe en 2013

 

L’Europe sera le thème du prochain festival du livre en Bretagne de Carhaix qui se déroulera le dernier week-end d’octobre (26-27) 2013. L’esprit européen devrait donc souffler sur cette 24eme édition qui sera en phase avec l’actualité puisque la Commission européenne a décidé de faire de 2013 l’«année européenne des citoyens». La vice-présidente Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la justice et de la citoyenneté, a déclaré à cette occasion: «L’année européenne des citoyens sera une excellente occasion de rappeler à ceux-ci les droits dont ils bénéficient grâce à l’Union européenne et ce que cette dernière peut faire pour chacun d’entre nous.» Gageons que les organisateurs de cette importante manifestation de promotion du livre et de la lecture sauront tirer profit de ce thème pour évoquer les dossiers chers à la Bretagne comme la ratification par la France de la Charte des langues minorisées ou encore la réunification ou le droit à l’autodétermination des peuples… Mais ce sera sans doute aussi l’occasion de débattre de l’Europe qu’on souhaite : avec ou sans ses cent drapeaux, sociale et culturelle ou strictement marchande ?

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 09:02

patates.png

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 08:52

Début juillet 2013, seront en vente dans la trilogie "TRELOUZIC" :

"MARCEL", sous-titré "Patatès Blues", roman primeur, 12 euros Editions de Trozoul, Chemins d'Ecritures.

"Une étoile est morte", sous-titré "Algerian Blues, roman mémoire, 10 euros, idem

& "Le baiser de la mer", sous-titré "Blackboard Blues", roman salin, 12 euros idem

 

Imprimé en Union Européenne & déposés à la BNF

disponibles bientôt sur Dilicom, Electre, etc...logo1.jpg

Voir le logo provisoire en photo 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 02:35

                                       Une pointure de trop

 

 

Ferdi Lance était un policier de haut vol. Le meilleur de tous. Le meilleur, en tous cas, de la brigade des Abatscides - brigade chargée, comme on le sait, de la protection de l’aéroport international  Toul’house Blaniakbar.

Ferdi était payé pour enrayer tout acte terroriste, prévenir tout détournement d’avion, empêcher le trafic illicite d’armes stupéfiantes, pour prendre le Mal à la gorge, l’étrangler, et le terrasser. Véritable terrassier du crime, Ferdi Lance était aussi un pauvre ver de terre, petit lombric rampant amoureux des étoiles. En d’autres termes, il aimait les hôtesses de l’air, en consommait à foison, toujours preux chevalier servant et à la noble figure ; toujours prêt pour défendre l’honneur de ces haquenées du ciel, voler à leur secours et prendre sous son aile ces belles étrangères, égarées tels des albatros, une fois débarquées à terre.

Il vivait d’ailleurs depuis quelque temps avec une charmante Nastasia, hôtesse biélorusse de passage, une pulpeuse blonde de vingt-six printemps et quelques feuilles. La dame en transit jouissait d’indéniables atouts ; mais le travail avant tout !

Toujours sur la brèche, plus souvent sur le tarmac que dans son hamac, Ferdi Lance courait sans cesse d’un terminal à l’autre, inspectait les soutes, reniflait le moindre bâton de shit (oeuvre de Chitan ), et n’hésitait pas à faire main  basse sur tout colis suspect. Il était partout et nulle part à la fois. C’était, on vous l’a dit, un policier de haut vol.

Ses collègues les plus instruits le surnommaient Aker, génie à double tête personnifiant la terre dans sa matérialité et dont il assurait la cohésion. Représenté, à l’origine, comme une bande de terre ayant une tête humaine à chaque extrémité, Aker prit plus tard  l’aspect d’un double sphinx. Préposé à la garde des issues de l’au-delà, il était l’adversaire du défunt qui cherchait à y pénétrer. Par sa fonction, il protégeait dons Osiris.

 

On annonça le vol 732 pour Le Caire. Embarquement immédiat. La voix chaude et voilée de l’hôtesse invitait au désir ... d’un prochain vol. On eût dit un appel à l’extase, à une élévation certaine, à un voyage hors de soi. Bien mieux que la voix de l’imam du haut de son minaret. Les quelques islamistes, musulmans, coptes, chiites, de tout poil, sans compter les athées et les chrétiens de toutes confessions, se hâtaient tranquillement, comme anesthésiés par la voix d’Anastasia, car c’était elle. Les cartes d’embarquement dûment enregistrées, on prit la navette pour se rendre à l’avion de la compagnie Egypterranée.

Ferdi Lance, habillé en civil, faisait partie de la centaine de passagers. Il avait repéré, véritable instinct de sa tête chercheuse, un candidat à l’arrestation virtuelle. L’homme, âgé de soixante-dix ans environ, lisait le quotidien El Watan, l'œil, on ose le dire chafouin. Du moins, l’un des deux. C’est ce qui paraissait troubler notre brave policier.

On le croyait voyager sous le nom d’Eloi Than, ressortissant belge né à Hanoï, le trois mars 1930, de mère khmère et de père inconnu, quoique certaines langues avançaient - bien qu’à reculons - qu’il était le fils d’André Malr... quand celui-ci était à Vientiane quelques années plus tôt, parti trafiquer le patrimoine religieux, véritable voie royale à l’époque, s’il en était...

L’homme était en fait un simple tailleur de pierre à la retraite, reconverti cependant en agent de change, travaillant secrètement pour le compte de la banque cairote  Schliemann and Grote.

En vérité, moitié thaïlandais, moitié hollandais, et de taille plutôt moyenne, ce septuagénaire cacochyme se rendait à l’anniversaire de son petit-fils, le gentil  Abd’ El Rhamane Youssoufi.

Ferdi Lance regardait les chaussures de l’homme. Discrètement. Mais pas assez cependant pour que le vieux ne remarque le manège du vrai faux policier démasqué. René Van Thaï, de son véritable nom, baissa alors le pantalon bouffant qui lui serrait la taille, discrètement. Afin de mieux dissimuler ses chaussures. Ferdi Lance, l’homme revolver, sortit alors de l’anonymat.

 

 - Mains en l’air ! Plus un geste ! Et que personne ne bouge ! Police de l’aéroport ! hurla-t-il, le badge dans une main et l’arme dans l’autre, un pistolet Vico et Khaldun .35 mm à double obturation, capable de descendre un escalier de marbre.

Figé, l’homme fut appréhendé, prié de retirer  ses chaussures, les mains au ciel.

 Ce fut un triple échec. Premio, les contorsions du suspect  retirant ses baskets  Naïke el Jordan, firent tordre de rire les voyageurs descendus du bus. Deuxio, le soit disant terroriste ne portait que de simples chaussures de sport qui émettaient un vif éclair de lumière rouge quand on les frottait l’une contre l’autre. C’était, affirmait-il, pour les douze ans de son petit-fils ! Du 41 ! comme lui. N’avait pu résister au  plaisir de les essayer. Un retour en enfance, en quelque sorte.  Rien n’y fit. On débarqua le malheureux, accusé d’être un séide à la solde de la mouvance islamiste qui en avait fait voir de toutes les couleurs au monde entier depuis un fameux 11 Septembre. On connaisait la musique ! Et son grand orchestre peu splendide. Plutôt du genre explosif, le chef d’orchestre et son armada de cymbales, percussions de coups bas, sonnettes d’alarme et tout le bataclan. On s’y entendait, pour y faire parler la poudre. Dialogue de soufre et de malentendants.

  - Pas de fumée sans feu, dit-on depuis dans le quartier des affaires, à Manhattan.

Le vol 732 en partance pour Le Caire fut retardé. Une heure plus tard, on embarqua de nouveau le personnage. Fausse alerte. Fausse piste pour Ferdi Lance.

Une heure plus tard - tertio - au-dessus de la Méditerranée, l’avion explosa en plein vol. Cent dix-huit morts. La bombe miniature, du dernier cri, n’était pas dans les chaussures, mais sous le chèche du voyageur kamikaze. Il aurait suffi à Ferdi Lance de ne pas se focaliser sur les baskets dudit René Van Thaï ; mais que voulez-vous! Une erreur humaine et voilà 118 humains expédiés dans les limbes, qui au Paradis, qui aux enfers, ou en train de purger leurs os dans la strate-os-sphère si bien nommée.

Un policier, même s’il croit dégainer plus vite son revolver arabe, n’en fera toujours qu’à sa tête et ce sera  bien fait pour ses pieds. Mektoub!

 Ferdi Lance n’était pas fait pour devenir inspecteur en chèche. Encore une fois, ce fut à la mouvance Al Khaïda qu’on fit porter le chapeau. Ce qui donna encore une fois la grosse tête à Ben Laden et ses sbires, qui en rirent jusqu’à plus soif.

De rage, Ferdi but seize bières ce soir-là, pour oublier son drame.

Nastasia repartit au pays, pour un vol qualifié de définitif, avec un pilote russe de l’Aeroflot.

–   Flûte ! dit Ferdi Lance, perdu dans son hamac.

 

–   A la nôtre ! et nazd’rovié ! dit Vladimir Routine en actionnant vigoureusement son manche à balai, sous le regard éthéré de son hôtesse adorée, tandis que l’avion montait, à l’assaut du ciel pur.

 

Le surnommé Aker, policier de haut vol, fut révoqué. Il avait été une pointure de trop, contre une forte tête. Le soir même, il se tira deux balles, une dans chaque pied. Histoire de tourner la page. L'ancien fer de lance de la police vécut désormais et jusque dans l'au-delà, avec cent dix-huit fantômes à ses trousses.

Pas de quoi prendre son pied.

 

 

 

Nouvelle parue dans la revue Algérie/Littérature Action numéro 73-74, mars 2004, pages 41 à 43.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 02:28

Grappe

 

 

Les grains bavardent clairs

au cœur de la nuit brune :

 

« Je mûrirai, dit l’un,

et désaltérerai le gosier d’un puissant,

la gorge d’un enfant,

le palais d’une reine.

 

- J’abreuverai, dit l’autre,

et je caresserai les papilles des hommes

quand je serai plus grand.

 

- Moi, dit encore un autre,

je ne mûrirai pas, je suis déjà mourant

car je vis dans la peur

de me voir englouti.

 

- Tu ne vivras jamais le plaisir du partage,

l’offrande de ton jus, la connaissance offerte,

la grume délivrée.

Dessèche-toi bien vite pour laisser de l’espace

aux autres grains pressés de devenir bouteille.

 

« A cheval sur le vin ! » Riez, frères humains !

 

La divine boisson sera notre chanson,

et nous galoperons en joyeux échansons

pour verser dans vos verres

les crus de l’univers.

 

 

 

                                                              Y.V.

 

 

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 02:20

LE MURMURE DE L’AUBE

 

 

  – Chouf, mon frère, chouf ! Rigarde le djebel comme il est beau. Me dis pas que c’est pas biautifoule ! Rigarde ce paysage comme il est joli ! Chouf les petites chèvres là-bas, au bout d’mon doigt ! Rigarde le paradis sur terre ! Ecoute et respire la beauté de la nature, la musique de la rivière ! Icoute le murmure du ruisseau, là où viennent boire les chtites gazelles aux mamelles ardentes ! Chouf le lever de soleil sur l’oued de mon enfance. Nous sommes tous nés ici, mes frères et mes sœurs, au cœur de cette petite Kabylie, et toi tu viens di l’aut’ bout du monde là-bas, de la Bretagne française, pour tuer mes ancêtres et leur voler leur terre ! Toi et ton armée de sauvages, tu veux nous prendre nos montagnes, nos yeux, et nos oreilles ! Mais par Chitan, on ne va pas se laisser faire, t’es fou ou quoi ? On va te remettre sur ton bateau et t’envoyer valser la gavotte sur ton canot breton, toi et tes congénères ! T’es né comme moi, en pleine campagne, dans un petit Finisterre d’Europe et tu voudrais me faire croire que tes vaches croient en Dieu plus que les nôtres ! Tu veux nous envahir et nous coloniser au son des binious et nous bombarder tes bondieuseries à la figure ! Mais regarde-toi ! Avec ton costume de bagnard et ton drapeau taché de sang ! Arrête ton baratin, ton charabia, bref ton baragouin, tes beaux discours, et viens manger les dattes ! Allez ! J’i t’invite chez moi, à boire le lait de ma chèvre et trinquer à la santé de l’homme, pour la paix du monde et li plaisir du ventre...

 

Le deuxième classe Ronan Le Bris ne savait plus où il en était. Quel beau parleur ce Mouloud ! Quel brio et quelle humanité !

Un combat intérieur, une harmonie de tensions, tiraillait le brave soldat à hue et à dia. Comment se dépêtrer d’une telle lutte intérieure ? Le combat avec l’ange. Accepter ou refuser sans perdre la face ou son honneur ? Un solide mal de crâne s’installa dans cette tête de paysan breton, peu habitué à une telle dialectique intellectuelle. Il fallait bien choisir, avant que toute la troupe ne se réveille et commence à tirer dans le tas, mettre le feu aux mechtas, balancer les gosses contre les murs et poursuivre les femmes jusque dans les grottes pour les enfumer jusqu’à ce qu’elles sortent ; ensuite violer ces pauvres paysannes, méthodiquement, et leur faire voir du pays, les faire hurler avant de les abattre, de les mettre définitivement au rebut. Surtout que les hommes de troupe avaient pas mal picolé la veille. Du gros rouge d'Algérie, un vin épais qui vous collait la langue au palais - surtout quand on en buvait deux à trois litres...

Les hommes avaient la rage ! Crevaient de faim, de soif et d’ennui ! Un mois sans nouvelle du pays ! Coupés du monde, isolés dans ce trou perdu, dans cette montagne glacée la nuit et bouillante à midi !

Il ne fallait pas grand-chose pour mettre le feu aux poudres ! Se distraire, quoi !

Alors Ronan, dans un sursaut d’humanité, et après avoir embrassé la petite croix d’argent offerte par sa mère avant le départ pour l’Algérie, répondit dans un souffle :

  – Entendu, Mouloud ! Tu es un homme de paix et de parole ! J’apprécie et je respecte ton combat, ton Djihad. J’accepte ta proposition, mais il va falloir trouver une ruse pour éviter un massacre. Je compte sur toi et tes hommes pour calmer le jeu ! Tu n’as qu’à dire que les fellaghas sont venus hier et vous ont pris les quelques fusils et cartouches en votre possession, et que vous n’avez plus rien ! Dites que vous acceptez de leur offrir l’hospitalité, le gîte et le couvert pour quelques jours, et que vous êtes prêts à collaborer avec l’armée française. Ça devrait les calmer, pour un moment du moins. Planquez vos femmes et les gamins dans la forêt de cèdres un peu plus haut, et surtout, profil bas ! Mieux vaut passer pour des abrutis quelques heures et rester en vie pour longtemps.

 

  – Inch’Allah, mon frère ! Je pense que ta parole est saine et qu’aucun de nous deux ne cherche à trahir l’autre! Allez ! Marchons ensemble et que le destin nous protège !

 

Ils disparurent derrière un buisson d’épineux. Le soleil venait d’éclore sur le petit douar d’Aïn Gourdel, et commençait à rougir la face encore endormie des soldats du troisième régiment de tirailleurs de Rennes.

Les deux hommes avaient fait connaissance la veille, et cela, d’une étrange façon.

Mouloud Achour était un descendant de la tribu des Aït Ben Afliss. Dixième enfant d’une famille de petits agriculteurs kabyles, il était arrivé, à l’âge de vingt-deux ans, à la fin de ses études d’instituteur, à l’école normale de Blida. De taille moyenne, plutôt maigre, la lèvre supérieure ornée d’une mince moustache, Mouloud avait le regard acéré, deux boules sombres enfoncées dans un visage fiévreux, comme torturé en permanence par une insatisfaction de tous les instants.

 

Alors qu’il aspirait à enseigner dans son village natal, son douar idéalisé tout à l’heure sous le regard étonné de Ronan, la guerre, ou plutôt, la mission de pacification de l’Algérie, venait de s’installer comme un tyran absurde, sur le toit de cette région montagneuse et aride.

Ni Juif véritable, ni Arabe de souche, ni musulman pratiquant, ni Berbère convaincu, quoique pratiquant la langue berbère et le tamazight, Mouloud parlait l’arabe populaire et écrivait l’arabe classique, en plus du français, langue officielle de l’école républicaine. Il n’avait connu ni l’école coranique, ni l’endoctrinement religieux. Il était issu, en fait, des hasards de l’Histoire et, né en petite Kabylie de parents analphabètes, Mouloud avait eu la chance d’être élevé dans le culte de la nature et des ancêtres, hommes et femmes de la Terre, pénétrés de contes, de mythes et de légendes plus que de religion.

Dans cette société patriarcale qui allait s’effriter peu à peu, sous les coups de boutoir de l’exil - l’homme allant s’expatrier de plus en plus loin, ou se rapprochant des grandes villes algériennes - le rôle de la femme allait rapidement s’imposer, et Mouloud, apprécier de plus en plus ces femmes ingénieuses et courageuses qui allaient élever la marmaille et remplacer le mari absent, dans les champs et à la ferme. De même que la Bretagne avait connu l’absence de ses mâles, véritable chair à canon pendant la première guerre mondiale, de même, une partie de l’Algérie et du Maroc avait dû se séparer de ses forces vives qui étaient appelées comme soldats du contingent. Misère de la guerre et de la pauvreté, misère de la misère, ces hommes des deux rives de la Méditerranée, étaient déjà prisonniers de leurs destins et de l’Histoire, liés à la barbarie des gouvernants, plus ou moins soumis à des industriels replets, et à des militaires eux-mêmes soumis à de gros propriétaires terriens, qui étaient les véritables colonisateurs de l’Algérie depuis 1830.

 

Le sort des femmes venait de prendre un fameux tournant, et honneur à celles qui allaient se battre, suer sang et eau, pour sauver la tribu, la famille et le pays ! Par la ruse et le courage, par une abnégation de tous les instants, les femmes de Bretagne, de Kabylie, et d’ailleurs, allaient entraîner dans leur vaillance, par la force d’un indomptable levier, tout une génération de combattantes passionnées, prêtes à tout pour lutter contre les dieux modernes de la colonisation. Une citoyenneté nouvelle, née de l’absence des hommes, faisait lever la pâte grise de la Révolution. Chaque paysanne, chaque épouse, fiancée, sœur, nièce, tante, cousine, compagne, veuve, allait combattre l’envahisseur et le déposséder de son goût morbide pour la prédation, de cette ignoble volonté de puissance qui met à mal et détruit peu à peu toutes les civilisations, l’une après l’autre. Un chant d’amour sacré pour la terre et l’enfance allait inonder les champs de batailles et emporter toutes les haines.

 

C’était là le grand rêve de Mouloud, l’instituteur, c’était aussi le doux rêve de Ronan, loin de sa ferme bretonne. Ils en avaient parlé toute la nuit de ce bonheur d’être frères, de partager passions, sourires et larmes sous les étoiles d’un douar algérien. Mais, en cette année 195..., le soleil venait d’apparaître, et la suite des événements appartenait à la dure réalité, à la terrible épreuve des faits, sur le terrain de la mort et de la destruction.

Les deux hommes auraient voulu fuir l’Histoire. Elle les broya inexorablement, en quelques instants.

 

Alors qu’ils finissaient de dévaler la pente menant au douar, une compagnie de trois hélicoptères français les aperçut. Sans sommations, les soldats du ciel firent crépiter les mitrailleuses. Mouloud tomba le premier, déchiqueté par la rafale. Quant à Ronan Le Bris, coiffé du chèche de son ami, il eut beau agiter ses pauvres bras décharnés, peut-être en signe de dénégation, voire de colère, la mitrailleuse de l’hélico, à jets saccadés et têtus, lui broya les deux jambes. Son corps dévala. La tête du brave soldat heurta la pierre, avec violence. C’en fut fini d’une nuit d’amitié, sous les étoiles. La terre but le sang des deux hommes. Seul un murmure lointain se fit entendre.

 

La troupe alors se réveilla.

  

 

 

 

 

 

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